vendredi 16 août 2019

Un jardin dans le Var


La médiathèque départementale du Var propose, de juin à septembre, une tournée du spectacle Le Jardin, adaptation pour une comédienne, des marionnettes et des origamis, du conte Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues (Editions D'Ici et d'ailleurS), produit par la compagnie La Robe à l'Envers.

Calendrier :
19 juin : médiathèque de Carqueiranne
21 juin : médiathèque de Barjols
22 juin : médiathèque de Montauroux
26 juin : médiathèque des Adrets
28 juin : médiathèque de la Môle
6 juillet : médiathèque de la Seyne sur Mer
22 juillet : médiathèque de Saint-Tropez
24 juillet : médiathèque de Rocbaron
30 juillet : médiathèque de Ramatuelle
6 septembre : médiathèque de Collobrières
7 septembre : médiathèque du Cannet
10 septembre : médiathèque de Camps
13 septembre : médiathèque de Grimaud
14 septembre : médiathèque de Saint-Julien
18 septembre : médiathèque de Nans-Les-Pins et Saint-Maximin

Le spectacle, destiné au jeune public à partir de 4 ans, est disponible en tournée, n'hésitez pas à contacter la compagnie.

Le livre est quant à lui vendu au prix de 6 euros chez D'Ici et d'ailleurS, on peut le commander en librairie ou directement auprès de l'éditeur : dicietdailleurs (at) wanadoo.fr
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samedi 13 juillet 2019

Clap de fin

A mi-chemin entre la forêt de Fontainebleau et la taïga mandchoue, en Russie, dans la région de Melikhovo, Anton Tchekhov écrivit en 1897 sa célèbre pièce Oncle Vania.

Quelques années plus tôt, Robert-Louis Stevenson couchait par écrit ses impressions de marche sylvestre entre Barbizon et Grez-sur-Loing, en passant par Franchard et Bourron-Marlotte... Et quelques années plus tard, Vladimir Arseniev explorera, dans le but de la topographier, la région du Sihoté dont il rendra compte dans Dersou Ouzala.

Il était donc cohérent de clore cette résidence en forêt de Fontainebleau (qui fut marquée à la fois par la lecture de Treasure Forest de Stevenson à la librairie-galerie L'Empreinte dans le cadre de la nuit de la lecture et par le spectacle En attendant Dersou adapté d'Arseniev à la Galerie Delort) par un hommage à Oncle Vania, qui se situe exactement au mitan, tant spatial que temporel, de ces deux oeuvres qui ont jalonné mon temps de résidence.

Et c'est avec la projection du très beau film de Louis Malle (réalisateur qui n'est pas non plus sans rapport avec l'environnement bellifontain), Vanya 42ème rue, que nous avons donné le signal de fin de ces six mois de résidence. Nous avons entendu Astrov nous dérouler ses cartes de forêts (à l'instar d'Arseniev, de Stevenson) et dire à Eléna - avec quelle prémonition de la part de Tchekhov ! :

ASTROV (Montrant la carte.) "Maintenant, regardez ceci. C’est le tableau de notre district il y a cinquante ans. Le vert foncé et le vert clair indiquent les forêts. La moitié de toute la superficie était alors occupée par les forêts. Où vous voyez, sur le vert, une hachure rouge, là vivaient des élans, des
chèvres. Je montre ici la flore et la faune... Sur ce lac, s’ébattaient des cygnes, des oies, des canards, et, comme disent les anciens, il y avait profusion de toute sorte d’oiseaux. On n’en voyait pas la fin. Ils volaient par nuées. Outre les hameaux et les villages, vous voyez, éparpillés çà et là, de petites fermes, des ermitages de Vieux-Croyants, des moulins à eau. Il y avait beaucoup de bêtes à cornes et de chevaux. Cela est marqué en bleu. Par exemple, dans ce canton, la couche de bleu est épaisse ; ici, il y avait des haras entiers de chevaux ; chaque isba avait trois chevaux. (Une pause.) Maintenant, voyons plus bas, ce qui existait il y a vingt-cinq ans. Il n’y a déjà qu’un tiers de la superficie occupée par les bois. Il n’y a plus de chèvres, mais il y a encore des élans. Les couleurs vertes et blanches sont plus pâles, et ainsi de suite, ainsi de suite. Arrivons à la troisième partie. Tableau du district au temps présent. Il y a de la couleur verte çà et là ; mais non plus d’un tenant ; ce sont des taches. Les élans, les cygnes et les coqs de bruyère ont disparu. Des hameaux anciens, des fermes, des ermitages, des moulins, plus trace. C’est, en somme, le tableau d’une dégénérescence progressive et certaine, à laquelle il faut encore dix ou quinze ans pour être complète. Vous direz qu’il y a ici l’influence de la culture ; que la vie ancienne devait naturellement céder à la vie nouvelle ; oui, je comprends. Si, à la place de ces forêts détruites, passaient une route, des chemins de fer ; s’il y avait des usines, des fabriques, des écoles, les gens seraient mieux portants, plus riches, plus intelligents ; mais il n’y a rien de semblable. Il y a, dans ce district, les mêmes marais, les mêmes moustiques ; pas de chemins. La pauvreté, le typhus, la diphtérie, les incendies. Nous avons affaire ici à une dégénérescence causée par une lutte intense pour la vie. Dégénérescence due au croupissement, à l’ignorance, au manque absolu de conscience, à ce moment où l’homme, transi, affamé, malade, pour sauver ses restes de vie, pour conserver ses enfants, se jette instinctivement sur ce qui peut apaiser sa faim, le réchauffer, et où il détruit tout, sans penser au lendemain... Presque tout est déjà détruit, mais, en revanche, rien n’est encore créé. (...)"

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont accompagné cette résidence, la ville de Bourron-Marlotte, la bibliothèque municipale, la librairie-galerie L'Empreinte, l'école élémentaire, les habitants... Une mention toute spéciale à M. Nicolas Quénu, conseiller municipal délégué aux affaires culturelles, dont l'attention et l'énergie ont permis que cette résidence se déroule dans des conditions de création optimales.
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jeudi 4 juillet 2019

Claudel chez Claudel

Le 29 juin, j'ai eu le bonheur de jouer Le jeune Homme Paul (une adaptation de textes de Paul Claudel qui met en lumière les relations entre l'auteur et les personnages de son oeuvre de jeunesse), dans la jardin de la maison Camille et Paul Claudel de Villeneuve-sur-Fère : maison où l'écrivain a poussé son premier cri, où Camille a modelé ses premiers argiles...

Lieu qui a irrigué tant d'oeuvres, et en premier lieu peut-être Tête d'Or et La jeune Fille Violaine...

Depuis la "scène" s'ouvrent les quatre horizons, appelant au voyage, comme ils s'ouvraient déjà à la fin du 19ème siècle... "Il me semble que tout, l'air brumeux, les labours frais, et les arbres, et les nuées aériennes..."

Et à côté, la simple remise où Paul, de retour de Chine, écrivit fiévreusement, en une vingtaine de jours à peine, son Partage de Midi...

Merci à toute l'équipe de la maison Camille et Paul Claudel d'avoir permis ce moment d'une rare intensité, vingt ans après que j'ai joué L'Avion et ses Poètes, cette fois dans la maison de Brangues...
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dimanche 9 juin 2019

Ré-édition

Il était épuisé, on ne le trouvait plus... L'éditeur d'origine avait fini son stock et ne souhaitait pas le ré-imprimer. Pourtant on me le réclamait, une lecture se faisait par ci, dans une médiathèque, un spectacle se montait par là, se jouait dans un théâtre... Enfin, le revoilà !

Merci aux éditions D'Ici et D'ailleurS, de Meaux, d'avoir ré-édité mon texte Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues.
On peut se le procurer pour 6 euros, sous l'ISBN 978-2-915880-38-0
L'illustration de couverture est de Fabienne Delude.

Un conte avec des animaux, à hauteur d'enfance, sur le monde des adultes.
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lundi 22 avril 2019

Retour à Valréas

5 ans après ma résidence, joie de retrouver les ami.e.s - et de leur partager, pour fêter ces retrouvailles, et à l'invitation de l'association des 700 ans de l'Enclave des Papes, ma trilogie (Juby, En attendant Dersou, En pure Perte), les 29 et 30 mars derniers. Une sympathique séance de signature, à la libriairie Les Chemins de Traverse, a couronné le tout. Retour en images (photos : (c) Kissou R.)







mercredi 3 avril 2019

Galerie Capazza, Nançay

Grand bonheur de découvrir, en Sologne, la galerie Capazza, à l'occasion du vernissage de l'exposition Vladimir Zbynovsky dont j'ai eu le plaisir de rédiger le texte du catalogue. Très belle exposition dans des bâtiments multi-centenaires, assemblage d'oeuvres contemporaines tout à la fois minérales et végétales, à découvrir tous les week-ends jusqu'à l'automne.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, le hasard m'y a fait rencontrer aussi Elsa Varenne, réalisatrice de ma pièce Le Jardin, diffusée il y a quelques années sur Radio Mômes à Toulouse, puis sur Radio Vassivière.
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mardi 26 février 2019

Une résidence imaginaire

Une résidence imaginaire, ce serait quoi ?

1) Un an en amont du temps de résidence, la structure contacte l'auteur. La structure a choisi l'auteur en connaissance de cause : elle connaît son travail, elle a lu ses textes, elle apprécie à la fois ce qu'il écrit et sa démarche d'écriture, et pense qu'elle serait la structure toute indiquée pour offrir un espace-temps à l'auteur qui puisse lui apporter les meilleures conditions pour avancer sur son futur projet et faire connaître son travail dans le territoire où est implantée la résidence ;

2) L'auteur se renseigne, quant à lui, sur la structure, autour de trois points : conditions d'hébergement, protocoles d'action culturelle, travail avec relais locaux (médiathèques, compagnies, librairies, associations, équipements culturels, scolaires...) ; à ce stade, les deux partenaires se sont flairé et ont l'intuition que ça pourrait "matcher" ;

3) L'auteur et la structure se rencontrent, soit directement si c'est géographiquement possible, soit par téléphone. Chacun explique comment il voit les choses, à savoir : les ressources et les besoins. Si les projections divergent, mieux vaut laisser tomber. Sinon, on peut aller plus avant : la structure a été claire sur le point 2), l'auteur a expliqué où il en était de son travail et où il en serait dans un an, au moment de la résidence... ;

4) La structure organise une après-midi de travail, in situ, avec ses relais, afin de préparer la venue de l'auteur :
- avec telle compagnie professionnelle régionale qui monte du théâtre contemporain et qui semble toute indiquée pour être intéressée par le travail de l'auteur ;
- avec telle compagnie amateur qui serait prête à monter une pièce à grande distribution de l'auteur, ou à organiser une lecture ;
- avec tel atelier de théâtre au lycée qui pourrait monter une pièce qu'a écrite l'auteur il y a quelque temps dans une collection dédiée au théâtre pour adolescents...
- les théâtres avoisinants sont aussi impliqués, réfléchissent à la manière dont ils pourraient intégrer la présence de l'auteur à leur saison prochaine (peut-être des spectacles écrits par l'auteur sont-ils disponibles en tournée ?)...
- la médiathèque départementale et les bibliothèques municipales avoisinantes acquièrent les livres de l'auteur...
- s'il y a, sur le territoire concerné, une association proposant des petites formes itinérantes ou des lectures publiques dans des lieux pas forcément théâtraux, en milieu rural, elle voit si elle souhaite s'impliquer dans la diffusion de l'oeuvre existante de l'auteur...
- les établissements scolaires sont informés par le biais des professeurs principaux de ce qui pourrait se faire un an plus tard...
- les enseignants-documentalistes passent commande...
- la bibliographie de l'auteur circule dans les librairies...

Le fait de préparer tout cela un an à l'avance permet de respecter le rythme de la plupart des saisons culturelles qui se programment dans cette temporalité-là, et d'anticiper dans tous les cas d'éventuelles lignes budgétaires que des collaborations pourraient susciter.

Tel auteur peut également avoir des compétences singulières qui nécessitent d'élargir le spectre des relais vers des domaines moins connus, et nécessitent un peu de temps pour leur mise en place : untel est aussi plasticien (une exposition serait-elle organisable dans une galerie ?), untel est musicien, untel a participé au scénario d'un film (une projection au cinéma est-elle envisageable) ou a une pièce radiophonique (l'antenne régionale de Radio France peut-elle se renseigner sur une possibilité de rediffusion ?), etc...

5) Peu à peu se concrétise, en accord avec l'auteur, un programme à "double hélice" :
- d'une part la diffusion, dans les meilleures conditions, avec les collaborations les plus fécondes possibles, de ce qui existe déjà dans l'oeuvre de l'auteur : lectures publiques, représentations, rencontres, participation à des salons, des colloques, séances de signatures, émissions de radio... ;

- d'autre part le présent de l'écriture de l'auteur : s'il le souhaite, en lien avec le sujet qui occupe son projet d'écriture, facilitation par le biais de rencontres ciblées, collectage de témoignages, visites de tel ou tel site, tel ou tel musée...

Les actions culturelles (de type atelier d'écriture, formation d'animateurs...) se feront en concertation avec l'auteur, afin qu'il puisse ajuster ses propositions avec la thématique et la démarche qui animent, au présent, son écriture ; dans tous les cas, il serait privilégié la rencontre entre l'univers de l'auteur et les richesses du territoire disponibles : ainsi, pour une lecture publique, l'auteur qui lirait pourrait être accompagné d'un.e. artiste locale (musique, arts plastiques...). Faut-il le préciser, le ratio 70/30 (pas moins de 70% du temps de résidence de l'auteur consacré à son travail d'écriture) sera scrupuleusement respecté, et ce ne sera pas à l'auteur d'avoir à le rappeler à la structure ;

6) enfin, comme dans toute valse qui se respecte, troisième temps indispensable, "l'aval" de la résidence : la structure aura facilité la rencontre de l'auteur avec un éditeur régional, si l'auteur le souhaite, afin d'envisager, une fois le projet fini, une publication du texte. Elle soutiendra une séance de signature à la sortie du livre. A défaut, la résidence s'engagera à acheter une cinquantaine d'ouvrages de l'auteur, lors de sa sortie, qui seront distribués aux relais ;

7) Avant, pendant et après, un blog dédié à la résidence permet de communiquer sur les événements liés à la résidence et de mieux connaître le travail de l'auteur (cf. remue.net) ; les relais sont appelés à le consulter et à le partager sans modération sur les réseaux sociaux.
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samedi 12 janvier 2019

2019

QUE 2019 VOUS DEVOILE DE MERVEILLEUSES SURPRISES !
TRES BEL AN (DIX) NEUF

photo : (c) François Louchet, "Le jeune Homme Paul", de et avec Laurent Contamin, d'après Paul Claudel, mise en scène Lorena Felei, Cie du Souffle 14. Disponible en tournée.
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