vendredi 22 novembre 2019

1870


Il y a bientôt 150 ans, nous étions en... 1870.

C'est d'abord à la Commune de Paris que cette date fait penser, et à son icône incontestée, Louise Michel. Agée alors de 40 ans, institutrice, éprise d'égalité et de fraternité, elle crée une cantine pour ses élèves affamées. Elle rencontre Clémenceau à Montmartre, tombe amoureuse de Ferré, envisage de marcher sur Versailles pour assassiner Thiers. Ce qu'on appellerait aujourd'hui "la convergence des luttes" se met en place à Paris, notamment dans le nord-est et les faubourgs. Louise ne sait pas encore que l'année qui suivra sera celle de son exil à l'autre bout du monde.

Cette révolution sociale qui se met à germer et à menacer sérieusement le pouvoir en place (du moins ce qu'il en reste après la défaite de Sedan...), il en est question dans Tant que nos coeurs flamboient (éd. Christophe Chomant) que je mets en scène avec la Cie du Souffle 14. La première est prévue le 24 janvier prochain, au Tanit Théâtre de Lisieux (Calvados). On peut commander le livre > ici

Jeune Achille ou Paul enfant,
Camille Claudel
En 1870, Paul Claudel a, quant à lui... deux ans. Et n'habite pas encore Paris. Ce n'est donc pas la Commune qui lui inspirera (directement, du moins), l'une de ses pièces les plus intéressantes (et les plus difficiles à monter), La Ville.

En Champagne, où il joue peut-être avec Camille à triturer l'argile pour en faire des figurines de jeu, il apprend à parler... Son babil prendra, au fil des ans, la richesse que l'on sait d'une prose nourrie d'Eschyle, de Shakespeare et de Rimbaud, subtile et triviale, baroque et rurale, telle qu'on peut l'entendre dans Le jeune Homme Paul, à voir à l'Espace Bernanos du 6 au 8 décembre prochains. De quoi s'agit-il ? Des années de jeunesse de Paul Claudel, il a entre 15 et 35 ans - et d'une mise en résonance des personnages de son oeuvre théâtrale avec sa propre construction de jeune homme.

Edmond Albius
En 1870 enfin, il y a 150 ans, dans l'hémisphère austral que l'ouverture toute neuve du canal de Suez a un peu rapproché de la France continentale, Edmond Albius, le génial et précoce inventeur de la pollinisation manuelle de la fleur de vanille, exact contemporain de Louise Michel, vit dans une extrême pauvreté. Son invention, qui est en train de sauver l'économie de l'île de la Réunion (anciennement île Bonaparte, anciennement île Bourbon) ne lui profite pas.

Il mourra quelques années plus tard, dans un dénuement total. Il en sera question dans la pièce que je suis en train d'écrire pour la Cie Baba Sifon, et qui sera créée à l'automne 2020 > + d'infos

Quel âge à Dersou Ouzala, le trappeur de Mandchourie, en 1870 ? Difficile à dire, en l'absence d'acte de naissance. Une vingtaine d'années, peut-être. Il est dans la force de l'âge. Vladimir Arseniev quant à lui est sur le point de naître, qui racontera leur histoire dans la taïga, adaptée dans En attendant Dersou (FL Editions), petite forme théâtrale mise en scène par Lorena Felei, à jouer partout > en savoir plus.
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mardi 5 novembre 2019

Claudel chez Bernanos

Le jeune Homme Paul, qui évoque la jeunesse de Paul Claudel à travers son oeuvre, des années lycée au années Ysé, pose ses bagages pour trois jours en décembre à l'Espace Georges Bernanos, Paris 9ème, M° St Lazare, Havre-Caumartin, Auber

- vendredi 6 décembre à 20h30
- samedi 7 décembre à 20h30
- dimanche 8 décembre à 17h

Durée : 1 heure
Tarifs : 15 euros / 10 euros
Résas : 01 45 26 65 22

La rencontre d’un comédien d’aujourd’hui avec un jeune écrivain nommé Paul Claudel. Un regard critique et incarné porté sur la vie et l’œuvre du jeune écrivain-voyageur qui se construit, de 1884 à 1904 – du Cébès de Tête d’Or au Mesa de Partage de Midi. La vie de l’auteur à travers ses personnages… et vice versa : espoirs, désirs, luttes, projets, conflits… Sept épisodes clé de la vie du jeune homme Paul Claudel, dans une mise en scène sobre et dense. Un hommage libre et subjectif.

Avec des extraits de : Tête d’Or, Fragment d’un Drame, La Ville, La jeune Fille Violaine, Partage de Midi, L’Echange, Le Soulier de Satin, Le Livre de Christophe Colomb, Le Repos du septième Jour, Le Pain dur, Cinq grandes Odes, Vers d’Exil, Ballade, Le 25 décembre 1886, Ma Conversion, Connais-sance de l’Est, Mémoires improvisés, Conversations dans le Loir-et-Cher, Poèmes de Guerre, Lettres à Stéphane Mallarmé, André Suarès, Gabrielle Vulliez.

 « Vous prouvez aux gens que Claudel n’est pas enquiquinant. C’est beau : un personnage fascinant, un moment de santé, de colère et de force. Bravo. Et merci. » France Inter

photo : (c) François Louchet
« Le comédien qui revisite ici l’œuvre du maître opère si intérieurement, avec un tact si détaché de lui-même que l’on accède au drame essentiel : le prix d’une personne est la clé de l’univers. » France Catholique






mercredi 16 octobre 2019

Un semestre normand

Quelques rendez-vous en région Normandie cette première partie de saison :

- les 19 et 20 octobre, je serai au Salon du Livre et de la Gourmandise à Livarot (14), afin d'y proposer en signature quelques ouvrages ; autres salons où l'on pourra se procurer En attendant Dersou au stand FL Editions : le 13 octobre à la Maison pour tous de St Romain de Colbosc (76) et le 3 novembre au Salon du Livre du Neubourg (27)

Affiche : François Louchet
- la Compagnie du Souffle 14 sera en résidence de création au Batolune de Honfleur (14), du 28 octobre au 1er novembre : nous y présenterons le 1er novembre à 19h une première étape de travail publique (entrée libre sur réservation dans la limite des places disponibles) de ma pièce Tant que nos coeurs flamboient. Interprétation : Lorena Felei ;

- l'éditeur normand (76) Christophe Chomant, qui avait publié La petite Marchande d'Histoires vraies et L'Air du Temps, me fait le bonheur d'éditer Tant que nos coeurs flamboient (sortie octobre 2019) ;

- le 2 novembre à 15h, je jouerai En attendant Dersou (mise en scène Lorena Felei, production Souffle 14) à la médiathèque Maurice Delange de Honfleur. Le livre, édité chez FL Editions (maison d'édition également normande) sera disponible en signature à l'issue de la représentation ;

Affiche : François Louchet
- un grand merci à la compagnie Couvertures de nous accueillir en résidence de création au Théâtre de Livarot fin novembre. Nous montrerons une deuxième étape publique de travail de Tant que nos coeurs flamboient le 30 novembre à 19h ; là aussi, entrée libre sur réservation et dans la limite des places disponibles ;

- Le jeune Homme Paul quittera la Normandie pour se jouer à Paris, Espace Georges Bernanos (4 rue du Havre 75009 - résa 01 45 26 65 22 ) avec la Compagnie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei, les 6, 7 et 8 décembre (vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 17h) ;

- Enfin, le 24 janvier à 20h30, ce sera la création au Tanit Théâtre de Lisieux (14) de Tant que nos coeurs flamboient.

> Laurent Contamin
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jeudi 19 septembre 2019

La Réunion

Un nouveau projet, pour cette saison 2019/20, placé sous le signe du compagnonnage auteur/compagnie (Ministère de la Culture), avec la Cie Baba Sifon, sur l'Ile de la Réunion.

Un projet également soutenu par la Ferme Godier de Villepinte (93). Première étape de travail publique : le 1er octobre à 19h à la Ferme Godier en présence de l'équipe artistique. Au programme : à la découverte des origines de la vanille...
> un atelier d'écriture
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vendredi 16 août 2019

Un jardin dans le Var


La médiathèque départementale du Var propose, de juin à septembre, une tournée du spectacle Le Jardin, adaptation pour une comédienne, des marionnettes et des origamis, du conte Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues (Editions D'Ici et d'ailleurS), produit par la compagnie La Robe à l'Envers.

Calendrier :
19 juin : médiathèque de Carqueiranne
21 juin : médiathèque de Barjols
22 juin : médiathèque de Montauroux
26 juin : médiathèque des Adrets
28 juin : médiathèque de la Môle
6 juillet : médiathèque de la Seyne sur Mer
22 juillet : médiathèque de Saint-Tropez
24 juillet : médiathèque de Rocbaron
30 juillet : médiathèque de Ramatuelle
6 septembre : médiathèque de Collobrières
7 septembre : médiathèque du Cannet
10 septembre : médiathèque de Camps
13 septembre : médiathèque de Grimaud
14 septembre : médiathèque de Saint-Julien
18 septembre : médiathèque de Nans-Les-Pins et Saint-Maximin

Le spectacle, destiné au jeune public à partir de 4 ans, est disponible en tournée, n'hésitez pas à contacter la compagnie.

Le livre est quant à lui vendu au prix de 6 euros chez D'Ici et d'ailleurS, on peut le commander en librairie ou directement auprès de l'éditeur : dicietdailleurs (at) wanadoo.fr
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samedi 13 juillet 2019

Clap de fin

A mi-chemin entre la forêt de Fontainebleau et la taïga mandchoue, en Russie, dans la région de Melikhovo, Anton Tchekhov écrivit en 1897 sa célèbre pièce Oncle Vania.

Quelques années plus tôt, Robert-Louis Stevenson couchait par écrit ses impressions de marche sylvestre entre Barbizon et Grez-sur-Loing, en passant par Franchard et Bourron-Marlotte... Et quelques années plus tard, Vladimir Arseniev explorera, dans le but de la topographier, la région du Sihoté dont il rendra compte dans Dersou Ouzala.

Il était donc cohérent de clore cette résidence en forêt de Fontainebleau (qui fut marquée à la fois par la lecture de Treasure Forest de Stevenson à la librairie-galerie L'Empreinte dans le cadre de la nuit de la lecture et par le spectacle En attendant Dersou adapté d'Arseniev à la Galerie Delort) par un hommage à Oncle Vania, qui se situe exactement au mitan, tant spatial que temporel, de ces deux oeuvres qui ont jalonné mon temps de résidence.

Et c'est avec la projection du très beau film de Louis Malle (réalisateur qui n'est pas non plus sans rapport avec l'environnement bellifontain), Vanya 42ème rue, que nous avons donné le signal de fin de ces six mois de résidence. Nous avons entendu Astrov nous dérouler ses cartes de forêts (à l'instar d'Arseniev, de Stevenson) et dire à Eléna - avec quelle prémonition de la part de Tchekhov ! :

ASTROV (Montrant la carte.) "Maintenant, regardez ceci. C’est le tableau de notre district il y a cinquante ans. Le vert foncé et le vert clair indiquent les forêts. La moitié de toute la superficie était alors occupée par les forêts. Où vous voyez, sur le vert, une hachure rouge, là vivaient des élans, des
chèvres. Je montre ici la flore et la faune... Sur ce lac, s’ébattaient des cygnes, des oies, des canards, et, comme disent les anciens, il y avait profusion de toute sorte d’oiseaux. On n’en voyait pas la fin. Ils volaient par nuées. Outre les hameaux et les villages, vous voyez, éparpillés çà et là, de petites fermes, des ermitages de Vieux-Croyants, des moulins à eau. Il y avait beaucoup de bêtes à cornes et de chevaux. Cela est marqué en bleu. Par exemple, dans ce canton, la couche de bleu est épaisse ; ici, il y avait des haras entiers de chevaux ; chaque isba avait trois chevaux. (Une pause.) Maintenant, voyons plus bas, ce qui existait il y a vingt-cinq ans. Il n’y a déjà qu’un tiers de la superficie occupée par les bois. Il n’y a plus de chèvres, mais il y a encore des élans. Les couleurs vertes et blanches sont plus pâles, et ainsi de suite, ainsi de suite. Arrivons à la troisième partie. Tableau du district au temps présent. Il y a de la couleur verte çà et là ; mais non plus d’un tenant ; ce sont des taches. Les élans, les cygnes et les coqs de bruyère ont disparu. Des hameaux anciens, des fermes, des ermitages, des moulins, plus trace. C’est, en somme, le tableau d’une dégénérescence progressive et certaine, à laquelle il faut encore dix ou quinze ans pour être complète. Vous direz qu’il y a ici l’influence de la culture ; que la vie ancienne devait naturellement céder à la vie nouvelle ; oui, je comprends. Si, à la place de ces forêts détruites, passaient une route, des chemins de fer ; s’il y avait des usines, des fabriques, des écoles, les gens seraient mieux portants, plus riches, plus intelligents ; mais il n’y a rien de semblable. Il y a, dans ce district, les mêmes marais, les mêmes moustiques ; pas de chemins. La pauvreté, le typhus, la diphtérie, les incendies. Nous avons affaire ici à une dégénérescence causée par une lutte intense pour la vie. Dégénérescence due au croupissement, à l’ignorance, au manque absolu de conscience, à ce moment où l’homme, transi, affamé, malade, pour sauver ses restes de vie, pour conserver ses enfants, se jette instinctivement sur ce qui peut apaiser sa faim, le réchauffer, et où il détruit tout, sans penser au lendemain... Presque tout est déjà détruit, mais, en revanche, rien n’est encore créé. (...)"

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont accompagné cette résidence, la ville de Bourron-Marlotte, la bibliothèque municipale, la librairie-galerie L'Empreinte, l'école élémentaire, les habitants... Une mention toute spéciale à M. Nicolas Quénu, conseiller municipal délégué aux affaires culturelles, dont l'attention et l'énergie ont permis que cette résidence se déroule dans des conditions de création optimales.
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jeudi 4 juillet 2019

Claudel chez Claudel

Le 29 juin, j'ai eu le bonheur de jouer Le jeune Homme Paul (une adaptation de textes de Paul Claudel qui met en lumière les relations entre l'auteur et les personnages de son oeuvre de jeunesse), dans la jardin de la maison Camille et Paul Claudel de Villeneuve-sur-Fère : maison où l'écrivain a poussé son premier cri, où Camille a modelé ses premiers argiles...

Lieu qui a irrigué tant d'oeuvres, et en premier lieu peut-être Tête d'Or et La jeune Fille Violaine...

Depuis la "scène" s'ouvrent les quatre horizons, appelant au voyage, comme ils s'ouvraient déjà à la fin du 19ème siècle... "Il me semble que tout, l'air brumeux, les labours frais, et les arbres, et les nuées aériennes..."

Et à côté, la simple remise où Paul, de retour de Chine, écrivit fiévreusement, en une vingtaine de jours à peine, son Partage de Midi...

Merci à toute l'équipe de la maison Camille et Paul Claudel d'avoir permis ce moment d'une rare intensité, vingt ans après que j'ai joué L'Avion et ses Poètes, cette fois dans la maison de Brangues...
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dimanche 9 juin 2019

Ré-édition

Il était épuisé, on ne le trouvait plus... L'éditeur d'origine avait fini son stock et ne souhaitait pas le ré-imprimer. Pourtant on me le réclamait, une lecture se faisait par ci, dans une médiathèque, un spectacle se montait par là, se jouait dans un théâtre... Enfin, le revoilà !

Merci aux éditions D'Ici et D'ailleurS, de Meaux, d'avoir ré-édité mon texte Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues.
On peut se le procurer pour 6 euros, sous l'ISBN 978-2-915880-38-0
L'illustration de couverture est de Fabienne Delude.

Un conte avec des animaux, à hauteur d'enfance, sur le monde des adultes.
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lundi 22 avril 2019

Retour à Valréas

5 ans après ma résidence, joie de retrouver les ami.e.s - et de leur partager, pour fêter ces retrouvailles, et à l'invitation de l'association des 700 ans de l'Enclave des Papes, ma trilogie (Juby, En attendant Dersou, En pure Perte), les 29 et 30 mars derniers. Une sympathique séance de signature, à la libriairie Les Chemins de Traverse, a couronné le tout. Retour en images (photos : (c) Kissou R.)







mercredi 3 avril 2019

Galerie Capazza, Nançay

Grand bonheur de découvrir, en Sologne, la galerie Capazza, à l'occasion du vernissage de l'exposition Vladimir Zbynovsky dont j'ai eu le plaisir de rédiger le texte du catalogue. Très belle exposition dans des bâtiments multi-centenaires, assemblage d'oeuvres contemporaines tout à la fois minérales et végétales, à découvrir tous les week-ends jusqu'à l'automne.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, le hasard m'y a fait rencontrer aussi Elsa Varenne, réalisatrice de ma pièce Le Jardin, diffusée il y a quelques années sur Radio Mômes à Toulouse, puis sur Radio Vassivière.
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mardi 26 février 2019

Une résidence imaginaire

Une résidence imaginaire, ce serait quoi ?

1) Un an en amont du temps de résidence, la structure contacte l'auteur. La structure a choisi l'auteur en connaissance de cause : elle connaît son travail, elle a lu ses textes, elle apprécie à la fois ce qu'il écrit et sa démarche d'écriture, et pense qu'elle serait la structure toute indiquée pour offrir un espace-temps à l'auteur qui puisse lui apporter les meilleures conditions pour avancer sur son futur projet et faire connaître son travail dans le territoire où est implantée la résidence ;

2) L'auteur se renseigne, quant à lui, sur la structure, autour de trois points : conditions d'hébergement, protocoles d'action culturelle, travail avec relais locaux (médiathèques, compagnies, librairies, associations, équipements culturels, scolaires...) ; à ce stade, les deux partenaires se sont flairé et ont l'intuition que ça pourrait "matcher" ;

3) L'auteur et la structure se rencontrent, soit directement si c'est géographiquement possible, soit par téléphone. Chacun explique comment il voit les choses, à savoir : les ressources et les besoins. Si les projections divergent, mieux vaut laisser tomber. Sinon, on peut aller plus avant : la structure a été claire sur le point 2), l'auteur a expliqué où il en était de son travail et où il en serait dans un an, au moment de la résidence... ;

4) La structure organise une après-midi de travail, in situ, avec ses relais, afin de préparer la venue de l'auteur :
- avec telle compagnie professionnelle régionale qui monte du théâtre contemporain et qui semble toute indiquée pour être intéressée par le travail de l'auteur ;
- avec telle compagnie amateur qui serait prête à monter une pièce à grande distribution de l'auteur, ou à organiser une lecture ;
- avec tel atelier de théâtre au lycée qui pourrait monter une pièce qu'a écrite l'auteur il y a quelque temps dans une collection dédiée au théâtre pour adolescents...
- les théâtres avoisinants sont aussi impliqués, réfléchissent à la manière dont ils pourraient intégrer la présence de l'auteur à leur saison prochaine (peut-être des spectacles écrits par l'auteur sont-ils disponibles en tournée ?)...
- la médiathèque départementale et les bibliothèques municipales avoisinantes acquièrent les livres de l'auteur...
- s'il y a, sur le territoire concerné, une association proposant des petites formes itinérantes ou des lectures publiques dans des lieux pas forcément théâtraux, en milieu rural, elle voit si elle souhaite s'impliquer dans la diffusion de l'oeuvre existante de l'auteur...
- les établissements scolaires sont informés par le biais des professeurs principaux de ce qui pourrait se faire un an plus tard...
- les enseignants-documentalistes passent commande...
- la bibliographie de l'auteur circule dans les librairies...

Le fait de préparer tout cela un an à l'avance permet de respecter le rythme de la plupart des saisons culturelles qui se programment dans cette temporalité-là, et d'anticiper dans tous les cas d'éventuelles lignes budgétaires que des collaborations pourraient susciter.

Tel auteur peut également avoir des compétences singulières qui nécessitent d'élargir le spectre des relais vers des domaines moins connus, et nécessitent un peu de temps pour leur mise en place : untel est aussi plasticien (une exposition serait-elle organisable dans une galerie ?), untel est musicien, untel a participé au scénario d'un film (une projection au cinéma est-elle envisageable) ou a une pièce radiophonique (l'antenne régionale de Radio France peut-elle se renseigner sur une possibilité de rediffusion ?), etc...

5) Peu à peu se concrétise, en accord avec l'auteur, un programme à "double hélice" :
- d'une part la diffusion, dans les meilleures conditions, avec les collaborations les plus fécondes possibles, de ce qui existe déjà dans l'oeuvre de l'auteur : lectures publiques, représentations, rencontres, participation à des salons, des colloques, séances de signatures, émissions de radio... ;

- d'autre part le présent de l'écriture de l'auteur : s'il le souhaite, en lien avec le sujet qui occupe son projet d'écriture, facilitation par le biais de rencontres ciblées, collectage de témoignages, visites de tel ou tel site, tel ou tel musée...

Les actions culturelles (de type atelier d'écriture, formation d'animateurs...) se feront en concertation avec l'auteur, afin qu'il puisse ajuster ses propositions avec la thématique et la démarche qui animent, au présent, son écriture ; dans tous les cas, il serait privilégié la rencontre entre l'univers de l'auteur et les richesses du territoire disponibles : ainsi, pour une lecture publique, l'auteur qui lirait pourrait être accompagné d'un.e. artiste locale (musique, arts plastiques...). Faut-il le préciser, le ratio 70/30 (pas moins de 70% du temps de résidence de l'auteur consacré à son travail d'écriture) sera scrupuleusement respecté, et ce ne sera pas à l'auteur d'avoir à le rappeler à la structure ;

6) enfin, comme dans toute valse qui se respecte, troisième temps indispensable, "l'aval" de la résidence : la structure aura facilité la rencontre de l'auteur avec un éditeur régional, si l'auteur le souhaite, afin d'envisager, une fois le projet fini, une publication du texte. Elle soutiendra une séance de signature à la sortie du livre. A défaut, la résidence s'engagera à acheter une cinquantaine d'ouvrages de l'auteur, lors de sa sortie, qui seront distribués aux relais ;

7) Avant, pendant et après, un blog dédié à la résidence permet de communiquer sur les événements liés à la résidence et de mieux connaître le travail de l'auteur (cf. remue.net) ; les relais sont appelés à le consulter et à le partager sans modération sur les réseaux sociaux.
un autre article sur les résidences
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samedi 12 janvier 2019

2019

QUE 2019 VOUS DEVOILE DE MERVEILLEUSES SURPRISES !
TRES BEL AN (DIX) NEUF

photo : (c) François Louchet, "Le jeune Homme Paul", de et avec Laurent Contamin, d'après Paul Claudel, mise en scène Lorena Felei, Cie du Souffle 14. Disponible en tournée.
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