mardi 5 juin 2018

A l'est, du nouveau !

Deux créations en Alsace et Lorraine :

- L'une qui vient d'éclore, suite à une commande de texte, l'an passé, par les compagnies strasbourgeoises L'Atelier mobile et 13orib : il s'agit d'une adaptation d'Aucassin et Nicolette pour marionnettes et musiciens, pouvant se décliner aussi bien en salle qu'en rue, et accessible au jeune public. Après une sortie de résidence dans la Meuse, au Ccouac d'Ecurey, c'est à Laquenexy, à l'occasion des journées des jardins, que la première a eu lieu, le 2 juin après-midi, avec toute la troupe de Vanessa Rivelaygue. Tournée à venir, été et automne en Alsace: 13-14 juillet à Mulhouse, 10-12 août à Strasbourg, 17-18 novembre à Illzach... Et ça s'appelle ? Nicolette et Aucassin, Histoire d'amour (en mieux) > en savoir plus ;

- Reprise, en septembre, de Parade nuptiale par le Théâtre de la Roële de Villers-les-Nancy ;

- Et c'est parti pour un nouveau spectacle mis en scène par Stéphane Colin en Meurthe-et-Moselle. Après le succès de sa tournée de Sweet Summer Sweat dans le Grand Est, c'est cette fois un seul-en-scène qu'il interprétera. Le texte est écrit, les répétitions vont commencer... Rendez-vous au printemps 2019 pour la création.

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jeudi 19 avril 2018

20 ans après... Claudel !

J'avais créé, en 1995 à Paris, sous la direction d'André de Baecque, un monologue autour de la jeunesse de Paul Claudel (de Louis le Grand à Fou-Tchéou, de Tête d'Or à Partage de Midi), qui s'était joué à l'Aktéon Théâtre puis au Théâtre des Cinq Diamants.

A l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance de l'écrivain-diplomate et sur la proposition de Nicolas Wapler, de l'Abbaye de Grestain dans le Calvados, un peu plus de vingt ans après, je reprends ce spectacle.

C'est la metteur en scène Lorena Felei, de la Compagnie du Souffle 14, une complice de longue date, qui a accepté de m'aider à retrouver mes marques de jeunesse et à revivifier, réinventer ce parcours en 7 étapes de la vie et de l'oeuvre de Paul Claudel, entre 1884 et 1904. Peu à peu les mots reprennent corps, les respirations reprennent souffle, les gestes retrouvent leur trajectoire...

Cette reprise poursuit les expériences de "seul-en-scène" à jouer partout, commencé avec En pure Perte, poursuivi avec Juby et En attendant Dersou.

Le spectacle sera créé à l'Abbaye de Grestain le samedi 11 août 2018 à 20h30 et se jouera également le dimanche 12 août à 19h. Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos places. Le spectacle, quant à lui, est ensuite disponible en tournée.

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mercredi 11 avril 2018

Un spectacle à ne pas manquer

Sort du lot des spectacles de ces derniers temps - ceux qu'on a l'impression d'avoir déjà vus cent fois, ceux qui réinventent l'eau chaude en permanence, ceux qui s'auto-proclament "engagés" et qui ne font que gravir des taupinières, ceux qui se croient drôles et qui n'amusent qu'eux... Sort du lot, donc, en ce début d'année 2018, la nouvelle création de la Compagnie L'Echappée : Invasion ! de Jonas Hassen Khemiri (éditions Théâtrales), traduit par Suzanne Burstein. Mise en scène : Didier Perrier, avec Mélanie Faye, Gauthier Lefèvre, Thibaut Mahiet et Laurent Nouzille (> distribution complète).

Avec ce petit bijou d'1h15 seulement, la compagnie L'Echappée nous prouve que le théâtre est plus intéressant, plus vrai et plus complexe, pour s'emparer d'un sujet d'actualité, que les médias. Que le tragique et le comique peuvent cohabiter grâce à la vivacité, faite de liberté et de rigueur, du jeu des acteurs. Que la vidéo est, effectivement, un outil qui a toute sa place sur une scène de théâtre. Que le théâtre est d'abord au service d'une fable, mais que celle-ci peut avancer masquée.

Un spectacle qui se construit à la manière d'un Rubik's Cube, de face, de profil, de dessus, sans qu'on sache jamais ce qui se passera la minute suivante, dans un tourbillon de combinaisons et de pistes d'histoires, mêlant subjectivité (celle des personnages et celle des médias) et objectivité (celle du plateau), jusqu'à un monologue final à vous couper le souffle. Du grand art.

Prochaines dates : Laon et Saint-Quentin (Aisne)
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lundi 26 février 2018

Dédicaces

A l'occasion de la sortie de En attendant Dersou chez FL éditions, 3 séances de signature à venir :

- le dimanche 18 mars de 16h à 18h au Salon du Livre de Paris, Porte de Versailles, stand F31, Livres en Normandie, en présence du photographe François Louchet

- le dimanche 1er avril à 16h30 à la médiathèque Françoise Sagan d'Equemauville (Calvados), en présence du photographe François Louchet ;

- le samedi 14 avril de 17h à 19h à la librairie Le Verbe et l'Objet de Senlis (Oise).
> en savoir plus sur le livre (extraits, photos, revue de presse...)
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dimanche 18 février 2018

Alceste - Philinte, Le Misanthrope, Molière

 ACTE I, SCÈNE PREMIÈRE

PHILINTE, ALCESTE.
PHILINTE
Qu’est-ce donc ? Qu’avez-vous ?

ALCESTE
Laissez-moi, je vous prie.

PHILINTE
Mais, encor, dites-moi, quelle bizarrerie...

ALCESTE
Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher.

PHILINTE
Mais on entend les gens, au moins, sans se fâcher.

ALCESTE
Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.

PHILINTE
Dans vos brusques chagrins, je ne puis vous comprendre ;
Et quoique amis, enfin, je suis tous des premiers...

ALCESTE
Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers.
J’ai fait jusques ici, profession de l’être ;
10 Mais après ce qu’en vous, je viens de voir paraître,
Je vous déclare net, que je ne le suis plus,
Et ne veux nulle place en des cœurs corrompus.

PHILINTE
Je suis, donc, bien coupable, Alceste, à votre compte ?

ALCESTE
Allez, vous devriez mourir de pure honte,
15 Une telle action ne saurait s’excuser,
Et tout homme d’honneur s’en doit scandaliser.
Je vous vois accabler un homme de caresses,
Et témoigner, pour lui, les dernières tendresses ;
De protestations, d’offres, et de serments,
20 Vous chargez la fureur de vos embrassements :
Et quand je vous demande après, quel est cet homme,
À peine pouvez-vous dire comme il se nomme,
Votre chaleur, pour lui, tombe en vous séparant,
Et vous me le traitez, à moi, d’indifférent.
25 Morbleu, c’est une chose indigne, lâche, infâme,
De s’abaisser ainsi, jusqu’à trahir son âme :
Et si, par un malheur, j’en avais fait autant,
Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant.

PHILINTE
Je ne vois pas, pour moi, que le cas soit pendable ;
30 Et je vous supplierai d’avoir pour agréable,
Que je me fasse un peu, grâce sur votre arrêt,
Et ne me pende pas, pour cela, s’il vous plaît.

ALCESTE
Que la plaisanterie est de mauvaise grâce !

PHILINTE
Mais, sérieusement, que voulez-vous qu’on fasse ?

ALCESTE
35 Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

PHILINTE
Lorsqu’un homme vous vient embrasser avec joie,
Il faut bien le payer de la même monnoie,
Répondre, comme on peut, à ses empressements,
40 Et rendre offre pour offre, et serments pour serments.

ALCESTE
Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode
Qu’affectent la plupart de vos gens à la mode ;
Et je ne hais rien tant, que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
45 Ces affables donneurs d’embrassades frivoles,
Ces obligeants diseurs d’inutiles paroles,
Qui de civilités, avec tous, font combat,
Et traitent du même air, l’honnête homme, et le fat.
Quel avantage a-t-on qu’un homme vous caresse,
50 Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous, un éloge éclatant,
Lorsque au premier faquin, il court en faire autant ?
Non, non, il n’est point d’âme un peu bien située,
Qui veuille d’une estime, ainsi, prostituée ;
55 Et la plus glorieuse a des régals peu chers,
Dès qu’on voit qu’on nous mêle avec tout l’univers :
Sur quelque préférence, une estime se fonde,
Et c’est n’estimer rien, qu’estimer tout le monde.
Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps,
60 Morbleu, vous n’êtes pas pour être de mes gens ;
Je refuse d’un cœur la vaste complaisance,
Qui ne fait de mérite aucune différence :
Je veux qu’on me distingue, et pour le trancher net,
L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait.

PHILINTE
65 Mais quand on est du monde, il faut bien que l’on rende
Quelques dehors civils, que l’usage demande.

ALCESTE
Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
Ce commerce honteux de semblants d’amitié :
Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre,
70 Le fond de notre cœur, dans nos discours, se montre ;
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais, sous de vains compliments.
.../...
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lundi 29 janvier 2018

Retour sur... Foujita

En novembre, j'ai été invité par la compagnie Le Facteur Théâtre, à l'occasion de son festival d'écriture théâtrale contemporaine "L'Eté en automne", à visiter l'exposition consacrée au peintre Fujita (ou "Foujita", à la française), au Cellier de Reims.

Cet artiste de la bohème montparnassienne de l'entre-deux-guerres, d'origine japonaise, surtout connu pour ses portraits de femmes et de chats, a su réaliser la rencontre de la tradition picturale orientaliste et du réalisme expressionniste européen.

Marqué par un épisode de son enfance, j'ai écrit une petite pièce, sous le forme d'un dialogue entre le jeune Tsuguharu Fujita et son père, alors médecin-général de l'Armée impériale.
En savoir plus > Fondation Foujita
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