samedi 13 juillet 2019

Clap de fin

A mi-chemin entre la forêt de Fontainebleau et la taïga mandchoue, en Russie, dans la région de Melikhovo, Anton Tchekhov écrivit en 1897 sa célèbre pièce Oncle Vania.

Quelques années plus tôt, Robert-Louis Stevenson couchait par écrit ses impressions de marche sylvestre entre Barbizon et Grez-sur-Loing, en passant par Franchard et Bourron-Marlotte... Et quelques années plus tard, Vladimir Arseniev explorera, dans le but de la topographier, la région du Sihoté dont il rendra compte dans Dersou Ouzala.

Il était donc cohérent de clore cette résidence en forêt de Fontainebleau (qui fut marquée à la fois par la lecture de Treasure Forest de Stevenson à la librairie-galerie L'Empreinte dans le cadre de la nuit de la lecture et par le spectacle En attendant Dersou adapté d'Arseniev à la Galerie Delort) par un hommage à Oncle Vania, qui se situe exactement au mitan, tant spatial que temporel, de ces deux oeuvres qui ont jalonné mon temps de résidence.

Et c'est avec la projection du très beau film de Louis Malle (réalisateur qui n'est pas non plus sans rapport avec l'environnement bellifontain), Vanya 42ème rue, que nous avons donné le signal de fin de ces six mois de résidence. Nous avons entendu Astrov nous dérouler ses cartes de forêts (à l'instar d'Arseniev, de Stevenson) et dire à Eléna - avec quelle prémonition de la part de Tchekhov ! :

ASTROV (Montrant la carte.) "Maintenant, regardez ceci. C’est le tableau de notre district il y a cinquante ans. Le vert foncé et le vert clair indiquent les forêts. La moitié de toute la superficie était alors occupée par les forêts. Où vous voyez, sur le vert, une hachure rouge, là vivaient des élans, des
chèvres. Je montre ici la flore et la faune... Sur ce lac, s’ébattaient des cygnes, des oies, des canards, et, comme disent les anciens, il y avait profusion de toute sorte d’oiseaux. On n’en voyait pas la fin. Ils volaient par nuées. Outre les hameaux et les villages, vous voyez, éparpillés çà et là, de petites fermes, des ermitages de Vieux-Croyants, des moulins à eau. Il y avait beaucoup de bêtes à cornes et de chevaux. Cela est marqué en bleu. Par exemple, dans ce canton, la couche de bleu est épaisse ; ici, il y avait des haras entiers de chevaux ; chaque isba avait trois chevaux. (Une pause.) Maintenant, voyons plus bas, ce qui existait il y a vingt-cinq ans. Il n’y a déjà qu’un tiers de la superficie occupée par les bois. Il n’y a plus de chèvres, mais il y a encore des élans. Les couleurs vertes et blanches sont plus pâles, et ainsi de suite, ainsi de suite. Arrivons à la troisième partie. Tableau du district au temps présent. Il y a de la couleur verte çà et là ; mais non plus d’un tenant ; ce sont des taches. Les élans, les cygnes et les coqs de bruyère ont disparu. Des hameaux anciens, des fermes, des ermitages, des moulins, plus trace. C’est, en somme, le tableau d’une dégénérescence progressive et certaine, à laquelle il faut encore dix ou quinze ans pour être complète. Vous direz qu’il y a ici l’influence de la culture ; que la vie ancienne devait naturellement céder à la vie nouvelle ; oui, je comprends. Si, à la place de ces forêts détruites, passaient une route, des chemins de fer ; s’il y avait des usines, des fabriques, des écoles, les gens seraient mieux portants, plus riches, plus intelligents ; mais il n’y a rien de semblable. Il y a, dans ce district, les mêmes marais, les mêmes moustiques ; pas de chemins. La pauvreté, le typhus, la diphtérie, les incendies. Nous avons affaire ici à une dégénérescence causée par une lutte intense pour la vie. Dégénérescence due au croupissement, à l’ignorance, au manque absolu de conscience, à ce moment où l’homme, transi, affamé, malade, pour sauver ses restes de vie, pour conserver ses enfants, se jette instinctivement sur ce qui peut apaiser sa faim, le réchauffer, et où il détruit tout, sans penser au lendemain... Presque tout est déjà détruit, mais, en revanche, rien n’est encore créé. (...)"

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont accompagné cette résidence, la ville de Bourron-Marlotte, la bibliothèque municipale, la librairie-galerie L'Empreinte, l'école élémentaire, les habitants... Une mention toute spéciale à M. Nicolas Quénu, conseiller municipal délégué aux affaires culturelles, dont l'attention et l'énergie ont permis que cette résidence se déroule dans des conditions de création optimales.
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jeudi 4 juillet 2019

Claudel chez Claudel

Le 29 juin, j'ai eu le bonheur de jouer Le jeune Homme Paul (une adaptation de textes de Paul Claudel qui met en lumière les relations entre l'auteur et les personnages de son oeuvre de jeunesse), dans la jardin de la maison Camille et Paul Claudel de Villeneuve-sur-Fère : maison où l'écrivain a poussé son premier cri, où Camille a modelé ses premiers argiles...

Lieu qui a irrigué tant d'oeuvres, et en premier lieu peut-être Tête d'Or et La jeune Fille Violaine...

Depuis la "scène" s'ouvrent les quatre horizons, appelant au voyage, comme ils s'ouvraient déjà à la fin du 19ème siècle... "Il me semble que tout, l'air brumeux, les labours frais, et les arbres, et les nuées aériennes..."

Et à côté, la simple remise où Paul, de retour de Chine, écrivit fiévreusement, en une vingtaine de jours à peine, son Partage de Midi...

Merci à toute l'équipe de la maison Camille et Paul Claudel d'avoir permis ce moment d'une rare intensité, vingt ans après que j'ai joué L'Avion et ses Poètes, cette fois dans la maison de Brangues...
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dimanche 9 juin 2019

Ré-édition

Il était épuisé, on ne le trouvait plus... L'éditeur d'origine avait fini son stock et ne souhaitait pas le ré-imprimer. Pourtant on me le réclamait, une lecture se faisait par ci, dans une médiathèque, un spectacle se montait par là, se jouait dans un théâtre... Enfin, le revoilà !

Merci aux éditions D'Ici et D'ailleurS, de Meaux, d'avoir ré-édité mon texte Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues.
On peut se le procurer pour 6 euros, sous l'ISBN 978-2-915880-38-0
L'illustration de couverture est de Fabienne Delude.

Un conte avec des animaux, à hauteur d'enfance, sur le monde des adultes.
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lundi 22 avril 2019

Retour à Valréas

5 ans après ma résidence, joie de retrouver les ami.e.s - et de leur partager, pour fêter ces retrouvailles, et à l'invitation de l'association des 700 ans de l'Enclave des Papes, ma trilogie (Juby, En attendant Dersou, En pure Perte), les 29 et 30 mars derniers. Une sympathique séance de signature, à la libriairie Les Chemins de Traverse, a couronné le tout. Retour en images (photos : (c) Kissou R.)







mercredi 3 avril 2019

Galerie Capazza, Nançay

Grand bonheur de découvrir, en Sologne, la galerie Capazza, à l'occasion du vernissage de l'exposition Vladimir Zbynovsky dont j'ai eu le plaisir de rédiger le texte du catalogue. Très belle exposition dans des bâtiments multi-centenaires, assemblage d'oeuvres contemporaines tout à la fois minérales et végétales, à découvrir tous les week-ends jusqu'à l'automne.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, le hasard m'y a fait rencontrer aussi Elsa Varenne, réalisatrice de ma pièce Le Jardin, diffusée il y a quelques années sur Radio Mômes à Toulouse, puis sur Radio Vassivière.
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mardi 26 février 2019

Une résidence imaginaire

Une résidence imaginaire, ce serait quoi ?

1) Un an en amont du temps de résidence, la structure contacte l'auteur. La structure a choisi l'auteur en connaissance de cause : elle connaît son travail, elle a lu ses textes, elle apprécie à la fois ce qu'il écrit et sa démarche d'écriture, et pense qu'elle serait la structure toute indiquée pour offrir un espace-temps à l'auteur qui puisse lui apporter les meilleures conditions pour avancer sur son futur projet et faire connaître son travail dans le territoire où est implantée la résidence ;

2) L'auteur se renseigne, quant à lui, sur la structure, autour de trois points : conditions d'hébergement, protocoles d'action culturelle, travail avec relais locaux (médiathèques, compagnies, librairies, associations, équipements culturels, scolaires...) ; à ce stade, les deux partenaires se sont flairé et ont l'intuition que ça pourrait "matcher" ;

3) L'auteur et la structure se rencontrent, soit directement si c'est géographiquement possible, soit par téléphone. Chacun explique comment il voit les choses, à savoir : les ressources et les besoins. Si les projections divergent, mieux vaut laisser tomber. Sinon, on peut aller plus avant : la structure a été claire sur le point 2), l'auteur a expliqué où il en était de son travail et où il en serait dans un an, au moment de la résidence... ;

4) La structure organise une après-midi de travail, in situ, avec ses relais, afin de préparer la venue de l'auteur :
- avec telle compagnie professionnelle régionale qui monte du théâtre contemporain et qui semble toute indiquée pour être intéressée par le travail de l'auteur ;
- avec telle compagnie amateur qui serait prête à monter une pièce à grande distribution de l'auteur, ou à organiser une lecture ;
- avec tel atelier de théâtre au lycée qui pourrait monter une pièce qu'a écrite l'auteur il y a quelque temps dans une collection dédiée au théâtre pour adolescents...
- les théâtres avoisinants sont aussi impliqués, réfléchissent à la manière dont ils pourraient intégrer la présence de l'auteur à leur saison prochaine (peut-être des spectacles écrits par l'auteur sont-ils disponibles en tournée ?)...
- la médiathèque départementale et les bibliothèques municipales avoisinantes acquièrent les livres de l'auteur...
- s'il y a, sur le territoire concerné, une association proposant des petites formes itinérantes ou des lectures publiques dans des lieux pas forcément théâtraux, en milieu rural, elle voit si elle souhaite s'impliquer dans la diffusion de l'oeuvre existante de l'auteur...
- les établissements scolaires sont informés par le biais des professeurs principaux de ce qui pourrait se faire un an plus tard...
- les enseignants-documentalistes passent commande...
- la bibliographie de l'auteur circule dans les librairies...

Le fait de préparer tout cela un an à l'avance permet de respecter le rythme de la plupart des saisons culturelles qui se programment dans cette temporalité-là, et d'anticiper dans tous les cas d'éventuelles lignes budgétaires que des collaborations pourraient susciter.

Tel auteur peut également avoir des compétences singulières qui nécessitent d'élargir le spectre des relais vers des domaines moins connus, et nécessitent un peu de temps pour leur mise en place : untel est aussi plasticien (une exposition serait-elle organisable dans une galerie ?), untel est musicien, untel a participé au scénario d'un film (une projection au cinéma est-elle envisageable) ou a une pièce radiophonique (l'antenne régionale de Radio France peut-elle se renseigner sur une possibilité de rediffusion ?), etc...

5) Peu à peu se concrétise, en accord avec l'auteur, un programme à "double hélice" :
- d'une part la diffusion, dans les meilleures conditions, avec les collaborations les plus fécondes possibles, de ce qui existe déjà dans l'oeuvre de l'auteur : lectures publiques, représentations, rencontres, participation à des salons, des colloques, séances de signatures, émissions de radio... ;

- d'autre part le présent de l'écriture de l'auteur : s'il le souhaite, en lien avec le sujet qui occupe son projet d'écriture, facilitation par le biais de rencontres ciblées, collectage de témoignages, visites de tel ou tel site, tel ou tel musée...

Les actions culturelles (de type atelier d'écriture, formation d'animateurs...) se feront en concertation avec l'auteur, afin qu'il puisse ajuster ses propositions avec la thématique et la démarche qui animent, au présent, son écriture ; dans tous les cas, il serait privilégié la rencontre entre l'univers de l'auteur et les richesses du territoire disponibles : ainsi, pour une lecture publique, l'auteur qui lirait pourrait être accompagné d'un.e. artiste locale (musique, arts plastiques...). Faut-il le préciser, le ratio 70/30 (pas moins de 70% du temps de résidence de l'auteur consacré à son travail d'écriture) sera scrupuleusement respecté, et ce ne sera pas à l'auteur d'avoir à le rappeler à la structure ;

6) enfin, comme dans toute valse qui se respecte, troisième temps indispensable, "l'aval" de la résidence : la structure aura facilité la rencontre de l'auteur avec un éditeur régional, si l'auteur le souhaite, afin d'envisager, une fois le projet fini, une publication du texte. Elle soutiendra une séance de signature à la sortie du livre. A défaut, la résidence s'engagera à acheter une cinquantaine d'ouvrages de l'auteur, lors de sa sortie, qui seront distribués aux relais ;

7) Avant, pendant et après, un blog dédié à la résidence permet de communiquer sur les événements liés à la résidence et de mieux connaître le travail de l'auteur (cf. remue.net) ; les relais sont appelés à le consulter et à le partager sans modération sur les réseaux sociaux.
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samedi 12 janvier 2019

2019

QUE 2019 VOUS DEVOILE DE MERVEILLEUSES SURPRISES !
TRES BEL AN (DIX) NEUF

photo : (c) François Louchet, "Le jeune Homme Paul", de et avec Laurent Contamin, d'après Paul Claudel, mise en scène Lorena Felei, Cie du Souffle 14. Disponible en tournée.
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dimanche 23 décembre 2018

Exclusion et hospitalité

2 spectacles à jouer à domicile, indépendants l'un de l'autre, sur les thèmes de l'exclusion et de l'hospitalité :

Pelote (1 comédien) > en savoir plus. En diffusion en mars 2019 autour d'Illzach (68), mise en scène Thomas Ress, Espace 110 (tél : 03 89 52 18 81)

Un petit Noyau bien sympathique (2 comédien.ne.s) > en savoir plus. En création en janvier 2019 à Ermont (95), mise en scène Olivier David, Cie Fond de Scène (tél : 06 73 17 40 04)

N'hésitez pas à contacter les structures si vous êtes intéressé.e.s pour accueillir ces spectacles.
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jeudi 1 novembre 2018

La "der des ders" ?

 J'ai conçu "En pure Perte" avec l'idée de mieux faire connaître aux Français la culture allemande, et tout d'abord la pensée romantique, de Kleist à Rilke, en passant par Büchner.

A l'heure des "commémorations", cent ans après la boucherie de 1914-18, cela me semblait à la fois plus nécessaire et plus original que de proposer un énième spectacle sur les tranchées et la vie des poilus.

Par ailleurs, les thèmes véhiculés par les auteurs du XIXème siècle, et notamment la thématique de la perte, me semblaient avoir leur mot à dire dans la société contemporaine, avec une acuité accrue.

"Il nous faut, dans la nuit, lancer des passerelles", disait Antoine de Saint-Exupéry. Cette passerelle tendue d'une rive du Rhin à l'autre, c'est "En pure Perte", c'est donc ce seul-en-scène d'à peine une heure que je joue aussi bien dans des théâtres, que, à ce jour, des appartements, des maisons, un bar à vins, un hôpital, une crêperie, un musée, des médiathèques, des lycées...

Je l'ai démarré à l'automne 2014, cent ans - à quelques mois près - après le déclenchement de la Grande Guerre, je l'ai joué plus de soixante fois. Je le jouerai le 10 novembre à la Manekine de Pont Sainte-Maxence, la veille de la commémoration de l'Armistice. Peut-être sera-ce la dernière représentation, la "der des ders"...
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> lire un article en ligne de Ruggiero del Ponte
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mardi 9 octobre 2018

Arseniev

Vladimir Arseniev, officier-topographe de l'armée impériale, naît en 1872. Explorateur, il met par écrit ses relevés topographiques, des données sur la nature qui l'entoure, des éléments d'ethnographie, mais aussi ses impressions. Son ouvrage le plus connu (en tout, il y en a une cinquantaine !) concerne les missions qu'il a faites, en compagnie du gold Dersou, de la tribu Ouzala, dans l'Oussouri (au-dessus de Vladivostok, entre la frontière chinoise et la mer du Japon).
C'est en grande partie grâce au cinéaste japonais Akira Kurosawa, qui a adapté en 1975 le récit d'Arseniev au cinéma (Dersou Ouzala), que l'officier-topographe est passé à la postérité.
Après la guerre civile, le régime stalinien l'a accusé d'intelligence avec l'ennemi (en l'occurence du Japon), ou de "nostalgie tsariste"... Arseniev voit une grande partie de ses archives saccagée et brûlée. Il est alors en expédition et reste caché dans les espaces immenses qu'il étudiait. C'est ainsi qu'il échappe à ses poursuivants... mais pas au froid, qui sera finalement la cause de sa mort. Sa femme quant à elle est arrêtée et exécutée en 1937, et leur fille est déportée en camp d'internement.
"En attendant Dersou", aujourd'hui, est un livre édité avec des photos de François Louchet chez FL Editions, et un spectacle seul-en-scène, mis en scène par Lorena Felei (compagnie du Souffle 14).

vendredi 5 octobre 2018

Deux spectacles en résonance

Les 3 dimanches d'exploitation de "Invitation au voyage - une trilogie contée", ce seront 2 spectacles qui seront joués, de 17h à 19h30 (avec entracte). Cela permettra une mise en résonance des auteurs et des textes.

Dimanche 7 octobre, En pure Perte est suivi de Juby : présences invisibles, nostalgie du paradis perdu de l'enfance, sentinelles et champs de force... Une fois dépouillé de l'iconographie du petit Prince, le Saint-Exupéry de Lettre à un Otage et de Terre des Hommes semble bien proche, parfois, du Malte Laurids Brigge de Rilke ;

Dimanche 14 octobre, cap à l'est : c'est En attendant Dersou qui donne la réplique aux auteurs d'Europe centrale. La fascination de la nature à laquelle Dersou Ouzala sensibilise Vladimir Arseniev rappellera le très bel extrait du Lenz de Büchner, intégré dans En pure Perte ; on croisera aussi des ours dans les deux spectacles...

Dimanche 22 octobre enfin, place aux grandes étendues, au voyage extrême, à l'aventure, à l'expédition périlleuse où l'on manque de se perdre, que ce soit dans le désert de Juby ou la taïga de En attendant Dersou.

RV au Local, 18 rue de l'Orillon 75011 Paris (M° Goncourt ou Belleville)
Infos et résas : tél 01 46 36 11 89
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mercredi 22 août 2018

Paul et Dersou en Normandie

Première quinzaine d'août, deux spectacles mis en scène par Lorena Felei et produits par la Compagnie du Souffle 14 se sont joués à Honfleur et Grestain. Retour en images :
"En attendant Dersou", photo (c) François Louchet

"En attendant Dersou", photo (c) François Louchet

"Le jeune Homme Paul", photo (c) François Louchet

"Le jeune Homme Paul", photo (c) François Louchet

"Le jeune Homme Paul", photo (c) François Louchet
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> en savoir plus sur Le jeune Homme Paul
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jeudi 26 juillet 2018

Dersou en Normandie

photo (c) François Louchet
Prochaine représentation de "En attendant Dersou" (mise en scène Lorena Felei, compagnie de Souffle 14), ce sera... le 9 août, jour de la Saint-Amour (ça tombe bien, l'Amour est un fleuve russe !), à Honfleur, dans le Calvados, en plein air...

Si vous êtes intéressé.e.s, me contacter via ce blog ou via mon site, onglet contact - afin d'avoir le lieu exact, l'horaire et le tarif.

photo (c) François Louchet
Et si vous êtes intéressé.e.s pour accueillir une représentation chez vous à partir de septembre, même procédure !

Le texte quant à lui est édité chez FL Editions > en savoir plus

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lundi 2 juillet 2018

Re-veilleurs

13 ans après ma création des Veilleurs de Jour (Strasbourg, Oullins, Dijon, Nancy, Colmar, Fontainebleau, Béthoncourt, Ludwigshaffen, Les Ulis, Suresnes, Saint-Louis, Lunéville), quelle joie de savoir que la nouvelle génération s'en empare ! Le 22 juin au Théâtre de l'Ephémère du Mans, Aglaé Bondon met en scène deux de ses acolytes du cycle 3 du Conservatoire pour en proposer sa version. Quelques images (signées Lou Brouard)






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mardi 5 juin 2018

A l'est, du nouveau !

Deux créations en Alsace et Lorraine :

- L'une qui vient d'éclore, suite à une commande de texte, l'an passé, par les compagnies strasbourgeoises L'Atelier mobile et 13orib : il s'agit d'une adaptation d'Aucassin et Nicolette pour marionnettes et musiciens, pouvant se décliner aussi bien en salle qu'en rue, et accessible au jeune public. Après une sortie de résidence dans la Meuse, au Ccouac d'Ecurey, c'est à Laquenexy, à l'occasion des journées des jardins, que la première a eu lieu, le 2 juin après-midi, avec toute la troupe de Vanessa Rivelaygue. Tournée à venir, été et automne en Alsace: 13-14 juillet à Mulhouse, 10-12 août à Strasbourg, 17-18 novembre à Illzach... Et ça s'appelle ? Nicolette et Aucassin, Histoire d'amour (en mieux) > en savoir plus ;

- Reprise, en septembre, de Parade nuptiale par le Théâtre de la Roële de Villers-les-Nancy ;

- Et c'est parti pour un nouveau spectacle mis en scène par Stéphane Colin en Meurthe-et-Moselle. Après le succès de sa tournée de Sweet Summer Sweat dans le Grand Est, c'est cette fois un seul-en-scène qu'il interprétera. Le texte est écrit, les répétitions vont commencer... Rendez-vous au printemps 2019 pour la création.

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jeudi 19 avril 2018

20 ans après... Claudel !

J'avais créé, en 1995 à Paris, sous la direction d'André de Baecque, un monologue autour de la jeunesse de Paul Claudel (de Louis le Grand à Fou-Tchéou, de Tête d'Or à Partage de Midi), qui s'était joué à l'Aktéon Théâtre puis au Théâtre des Cinq Diamants.

A l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance de l'écrivain-diplomate et sur la proposition de Nicolas Wapler, de l'Abbaye de Grestain dans le Calvados, un peu plus de vingt ans après, je reprends ce spectacle.

C'est la metteur en scène Lorena Felei, de la Compagnie du Souffle 14, une complice de longue date, qui a accepté de m'aider à retrouver mes marques de jeunesse et à revivifier, réinventer ce parcours en 7 étapes de la vie et de l'oeuvre de Paul Claudel, entre 1884 et 1904. Peu à peu les mots reprennent corps, les respirations reprennent souffle, les gestes retrouvent leur trajectoire...

Cette reprise poursuit les expériences de "seul-en-scène" à jouer partout, commencé avec En pure Perte, poursuivi avec Juby et En attendant Dersou.

Le spectacle sera créé à l'Abbaye de Grestain le samedi 11 août 2018 à 20h30 et se jouera également le dimanche 12 août à 19h. Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos places. Le spectacle, quant à lui, est ensuite disponible en tournée.

> télécharger dossier
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mercredi 11 avril 2018

Un spectacle à ne pas manquer

Sort du lot des spectacles de ces derniers temps - ceux qu'on a l'impression d'avoir déjà vus cent fois, ceux qui réinventent l'eau chaude en permanence, ceux qui s'auto-proclament "engagés" et qui ne font que gravir des taupinières, ceux qui se croient drôles et qui n'amusent qu'eux... Sort du lot, donc, en ce début d'année 2018, la nouvelle création de la Compagnie L'Echappée : Invasion ! de Jonas Hassen Khemiri (éditions Théâtrales), traduit par Suzanne Burstein. Mise en scène : Didier Perrier, avec Mélanie Faye, Gauthier Lefèvre, Thibaut Mahiet et Laurent Nouzille (> distribution complète).

Avec ce petit bijou d'1h15 seulement, la compagnie L'Echappée nous prouve que le théâtre est plus intéressant, plus vrai et plus complexe, pour s'emparer d'un sujet d'actualité, que les médias. Que le tragique et le comique peuvent cohabiter grâce à la vivacité, faite de liberté et de rigueur, du jeu des acteurs. Que la vidéo est, effectivement, un outil qui a toute sa place sur une scène de théâtre. Que le théâtre est d'abord au service d'une fable, mais que celle-ci peut avancer masquée.

Un spectacle qui se construit à la manière d'un Rubik's Cube, de face, de profil, de dessus, sans qu'on sache jamais ce qui se passera la minute suivante, dans un tourbillon de combinaisons et de pistes d'histoires, mêlant subjectivité (celle des personnages et celle des médias) et objectivité (celle du plateau), jusqu'à un monologue final à vous couper le souffle. Du grand art.

Prochaines dates : Laon et Saint-Quentin (Aisne)
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