lundi 11 septembre 2017

Hommes sous la Neige

Vous êtes un(e) comédien(ne) amateur(e) d'une troupe affiliée à la FNCTA dans les Yvelines ? Cette annonce est pour vous :

Je propose de mettre en scène, à l’horizon novembre 2018, Hommes sous la Neige, d’après Dom Juan rentre de la Guerre et Un Fils de notre Temps, d’Ödön von Horvath. L'automne 2018 sera l'occasion de commémorer l'armistice de la 1ère guerre mondiale. Quoi de plus fort symboliquement, que de monter une pièce de "l'ancien ennemi" ? Dom Juan rentre de la Guerre (appelé aussi, magnifiquement, L'Homme de Neige) commence précisément... le jour de l'armistice, le 11 novembre 1918. Et en Allemagne donc. Un soldat revient de la guerre et cherche à retrouver son ex-fiancée qu’il avait quittée avant de s’engager... dans le conflit. Sa quête le mène dans un pays dévasté économiquement, en manque d’hommes ; et de femme en femme, il va retrouver la trace de celle qu’il cherchait... mais trop tard.

Outre la beauté de la pièce, faite de 24 petites scènes à géométrie variable qui se succèdent et nous emmènent, de manière presque cinématographique dans leur montage, d'un lieu à un autre, il est fascinant de voir comment le héros quitte une "guerre des nations", faite par des hommes, pour une autre guerre, plus intime, la guerre des sexes - et, aussi, des castes : les crises économiques des années 20 et 30 sont déjà dans le fruit, et la fin d'une guerre n'est jamais que le début de la prochaine (la pièce est écrite peu de temps avant 1939)...

D’autres guerres, aussi : la guerre contre la maladie (il est cardiaque), la guerre contre le désespoir (qui finira par l’emporter...). L'intime et l'organique (où confluent relations humaines, amoureuses, affectives d'une part, vertige métaphysique des personnages devant l'horreur des années de guerre d'autre part, solitude existentielle qui fait de ce Dom Juan, fils de son temps, un frère du Woyzeck de Büchner ou de l’Etranger de Camus), rejoint ainsi la "Grande" Histoire, celle des destins collectifs, nationaux.

L’idée, en termes de travail, est de répéter un dimanche par mois, à partir de septembre. Les premières dates sont calées : 24 septembre, 22 octobre, 12 novembre, 17 décembre, 21 janvier, à Elancourt. Nous continuerons sur ce rythme-là jusqu’en novembre 2018 (sans doute quelques week- ends ou « stages » un peu plus denses en fin de période, par exemple sur les vacances de Toussaint 2018). L’objectif est de jouer 5 à 6 représentations en Ile de France entre novembre 2018 et avril 2019. Durant l’un de nos dimanches, nous ferons un petit « pas de côté » puisque je proposerai un atelier d’écriture sur la guerre de 14-18. Les textes produits durant cet atelier par les participants pourront être affichés ou regroupés en recueil en tout cas mis à disposition du public durant les représentations de Hommes sous la Neige.

Dernière limite pour les inscriptions : 20 septembre 2017 !

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mercredi 2 août 2017

Les amandiers

"Quand j'habitais Alger, je patientais toujours dans l'hiver parce que je savais qu'en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvriraient de fleurs blanches. Je m'émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu'il fallait pour préparer le fruit.

Ce n'est pas là un symbole. Nous ne gagnerons pas notre bonheur avec des symboles. Il y faut plus de sérieux. Je veux dire seulement que parfois, quand le poids de la vie devient trop lourd dans cette Europe encore toute pleine de son malheur, je me retourne vers ces pays éclatants où tant de forces sont encore intactes. Je les connais trop pour ne pas savoir qu'ils sont la terre d'élection où la contemplation et le courage peuvent s'équilibrer. La méditation de leur exemple m'enseigne alors que si l'on veut sauver l'esprit, il faut ignorer ses vertus gémissantes et exalter sa force et ses prestiges. Ce monde est empoisonné de malheurs et semble s'y complaire. Il est tout entier livré à ce mal que Nietzsche appelait l'esprit de lourdeur. N'y prêtons pas la main. Il est vain de pleurer sur l'esprit, il suffit de travailler pour lui.

Mais où sont les vertus conquérantes de l'esprit ? Le même Nietzsche les a énumérées comme les ennemis mortels de l'esprit de lourdeur. Pour lui, ce sont la force de caractère, le goût, le "monde", le bonheur classique, la dure fierté, la froide frugalité du sage. Ces vertus, plus que jamais, sont nécessaires et chacun peut choisir celle qui lui convient. Devant l'énormité de la partie engagée, qu'on n'oublie pas en tout cas la force de caractère. Je ne parle pas de celle qui s'accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève. C'est elle qui, dans l'hiver du monde, préparera le fruit."
Les Amandiers, in L'Eté (Albert Camus, 1940)

vendredi 30 juin 2017

Souscrivez à un livre-photo

(c) François Louchet
A l'automne paraîtra En attendant Dersou, une nouvelle de Laurent Contamin qui voyage en mots et en silences parmi les très belles photographies de nature de François Louchet...

1907-2017 : cette année célèbre les 110 ans de la parution russe du livre autobiographique de Vladimir Arseniev, Dersou OuzalaEn 1974, l’illustre cinéaste japonais Akira Kurosawa a entrepris de mettre en images ce magnifique roman initiatique. Le film remporte un Oscar, ainsi que de multiples récompenses de part le monde.


A la lecture du livre et à la vision du film, François Louchet et Laurent Contamin, l'un adolescent, l'autre enfant, ont été fascinés par les aventures et l'amitié entre ces deux hommes que tout oppose : le capitaine, cartographe de l'armée du tsar, et le chasseur Gold. Ils sont partis à leur tour sur les traces de ces deux héros humanistes en réalisant leur voyage imaginaire dans une taïga réinventée...

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lundi 5 juin 2017

Monter un spectacle

Une initiative intéressante du lycée Alexis de Tocqueville de Cherbourg : une vingtaine d'élèves de classe de seconde montent, depuis le mois de mars, Une petite Orestie.

"Montent", oui : ça veut dire qu'ils ne se contentent pas de la jouer, sous la direction de leur intervenant théâtre ou de leur professeur de français, comme c'est généralement le cas. Non : certains vont la jouer, certes. Mais cette fois, le metteur en scène est aussi un élève, son assistant aussi. Les scénographes ? Aussi. Les costumières ? Aussi. La lumière, le son : également des élèves, encadrés par l'enseignant de sciences physiques. Egalement un staff "communication"... Bref, tous les corps de métier sont représentés.

Les représentations auront lieu, quant à elles, le vendredi 9 juin, matin et après-midi.

La pièce se jouera aussi, proposée par d'autres ateliers-théâtre, à Bondy (93) le 3 juin et à Tavel (30) le 18 juin.
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jeudi 30 mars 2017

Rencontres en médiathèque

Deux rencontres prévues, en avril, en médiathèque :

- le mercredi 5 avril à 18h30 à Bouillé-Loretz (Thouars, Deux-Sèvres) > toutes les infos

- le samedi 22 avril de 9h à 18h30 à L'Astrolabe (Melun, Seine-et-Marne), journée d'étude : "Quand les auteurs rencontrent leurs lecteurs" > toutes les infos
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mardi 7 mars 2017

Festhea Picardie


Quatre troupes de théâtre amateur de la région Picardie ont présenté leurs créations (Le doux Parfum des Temps à venir de Lyonel Trouillot par la compagnie Atelier Acte 2, Push up de Roland Schimmelpfennig par la compagnie Théâtre Tiroir, Métallos et Dégraisseurs de Patrick Grégoire par la compagnie Théâtre à Coulisses, et Cassé de Rémi de Vos par la compagnie Vol de Nuit), les 4 et 5 mars à la maison de la pierre de Saint-Maximian.


Quatre pièces qui se confrontent, dans une langue exigeante, aux réalités du monde (notamment du monde du travail). Félicitations à toutes les quatre. En tant que jury, ce fut à la fois très difficile de les départager (la pièce lauréate, Métallos et Dégraisseurs, représentera la région au festival de théâtre Festhéa national, en octobre-novembre prochain à Saint-Cyr sur Loire), et passionnant de délibérer.

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mercredi 15 février 2017

Ateliers de théâtre


Après Garges-les-Gonesse il y a 2 ans, c'est à Drancy que je propose une formation à l'art dramatique cette année.

Deux ateliers sont proposés au conservatoire municipal :

- l'un d'initiation théâtrale, pour les 7-9 ans (approche ludique des fondamentaux du théâtre, improvisations et mise en scène de Il est interdit aux Poissons de grignoter les Pieds des Tortues) ;
- l'autre pour les 15-18 ans : approfondissement des techniques théâtrales, travail d'interprétation sur des scènes du répertoire (Racine, Bonal, Claudel, Durringer, Koltès...), et mise en scène, en théâtre d'acteurs et en théâtre de marionnettes, de Une petite Orestie. Quelques scènes seront présentées le lundi 27 février à 19h. Les autres aux journées portes ouvertes de fin d'année.

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vendredi 30 décembre 2016

A voir en janvier

Au programme, pour bien commencer l'année :

- 31 décembre : En pure Perte à Avilly Saint-Léonard (60) - à domicile
- 17 janvier : Un Verger pour Mémoire (Lansman éd.) à Colmar (68), salle Europe, dans une mise en scène de Thomas Ress, Cie des Rives de l'Ill > teaser
- 20 et 21 janvier : Parade nuptiale (Librairie théâtrale éd.) à Villers-les-Nancy (54), au Théâtre de la Roële, dans une mise en scène de Célénie Crillon ;
- 22 janvier : Parade nuptiale (Librairie théâtrale éd.) à Saint-Maximin (60), à la Maison de la Pierre, dans une mise en scène de Séverine Lafforgue, Cie A vous de jouer
- 28 janvier à 20h30 : Sweet Summer Sweat à Quinsac (33), compagne Qui ne se quitte
- 2 février à 15h30 : rencontre autour de Parade nuptiale à Ma Nature, place Henri IV, Senlis
- 3 février : En pure Perte à Pontarmé (95) - à domicile
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samedi 5 novembre 2016

Blogs critiques...

Quelques blogs tenus par des spectateurs éclairés et critiques, pour orienter vos sorties et vos lectures...

- Les lorgnons d'Obéron : https://leslorgnonsdoberon.wordpress.com
- Le Wanderer : http://wanderersite.com
- Mordue de théâtre : https://mordue-de-theatre.com
- Vu sur scène : http://www.vusurscene.com

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mercredi 12 octobre 2016

Magique Pinter

A ne pas rater cet automne : L'Amant et Ashes to Ashes, du regretté Harold Pinter, deux pièces courtes intelligemment regroupées ensemble dans un même spectacle par Mitch Hooper, avec les talentueux Delphine Lalizout et Olivier Foubert.

Deux histoires de couple qui cherchent à ajuster leur relation au regard de leur rapport au monde.

D'un existentialisme moderne, d'une subtilité acérée, les deux pièces se font écho, au sein même du grand écart qu'elles proposent entre comédie de moeurs et tragédie humaine. Du grand art, à tous points de vue.

C'est au Petit Théâtre Odyssée que ça se passe, 25 rue de la Gare à Levallois, jusqu'au 16 octobre. Réservez vite au 01 47 15 74 56
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lundi 29 août 2016

Théâtre et réalité

"La différence fondamentale du théâtre contemporain avec la télé-réalité, c'est que cette dernière ne se présente pas masquée. Avec le théâtre, le travail de démystification serait donc double. D'abord débusquer - dans ces zones prétendument artistiques où l'illusion mimétique oeuvre, avec habileté, avec stratégie, sous ce qui se présente comme de l'art, voire du grand art - la mise en spectacle de la réalité. Une réalité fausse de bout en bout. Et d'autant plus fausse qu'elle multiplie les certificats d'authenticité. Humanité fabriquée, typologies factices, comme au loft et autre télé-réalité. Une pseudo-réalité se donnant pour vraie. Ensuite seulement, démonter cette pseudo-esthétique où l'idéologie recycle, sous des apparences de nouveauté, ses vieux stéréotypes et où l' "Extrême contemporain" donne parfois lieu à des clichés extrêmes".

Jean-Pierre Sarrazac, Jeux de rêves et autres détours

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jeudi 21 juillet 2016

Pour Yves Bonnefoy


Yves Bonnefoy s'est éloigné (on ne peut se résoudre à écrire qu'il s'est "éteint") le 1er juillet dernier.

Anne-Sophie Tschiegg
Il avait été d'une grande bienveillance avec moi lors de nos échanges, en 2004, lorsque je montais Roméo et Juliette au TJP Strasbourg, et que je lui avais demandé l'autorisation d'utiliser, pour le texte français du spectacle, sa traduction. Je lui avais - très maladroitement sûrement - exposé les raisons de mon choix, et en premier lieu sa fidélité à Shakespeare dans ses ouvertures polysémiques, ses oxymores, sa musicalité, son mélange de simplicité et de complexité.

Le fait également que sa traduction me parle d'emblée d’adolescence, en ce qu'elle est pure et trouble à la fois, réunissant la maîtrise de l’adulte et la fraîcheur de l’enfance. A ce titre, son utilisation de "l'alexandrin bancal" (6+5) pour introduire, au coeur du pentamètre ïambique d'origine, le double événement dramatique (les morts de Mercutio et de Tybalt) qui fait basculer la pièce, à son hémistiche, de la comédie vers la tragédie, est absolument géniale.

L'organicité de la langue aussi : Bonnefoy (à l'instar de Shakespeare) prend en compte le corps de l'acteur, dans sa respiration notamment, nous entraînant dans un entre-deux qui récapitule le verbe et la chair : la musique pure, intemporelle de la poésie d’une part, et le corps d’autre part (avec ses pulsions, ses exhortations, ses exigences) - récapitulation qui me semble être au cœur des enjeux de Roméo et Juliette (vérité des noms ou vérité des corps ?) - et évidemment, au coeur de l'acte théâtral.

Enfin, je cherchais une traduction qui ne fût pas tant axée autour des problèmes de rivalité familiale Montaigu-Capulet (qui n'était pas pour moi le plexus de la pièce), mais qui comprît le « méchant grain de plomb dans le cœur », pour reprendre la formule de Claudel, présent chez Roméo le nocturne. La traduction, mais peut-être plus encore la préface d'Yves Bonnefoy dans l’édition de Gallimard, rejoignait en plein mes préoccupations dramaturgiques et les pistes que je souhaitais suivre, particulièrement quant au « mystère Roméo » : oui, si la pièce certes est épique, elle est peut-être plus encore métaphysique en ce qu’elle nous confronte à l’opacité du cœur humain. Et c’est Bonnefoy, je crois, de tous les traducteurs qui se sont penché sur cette pièce complexe, qui a le mieux compris cela.


A réception de mon courrier malhabile, Yves Bonnefoy m'avait renvoyé, depuis le Collège de France, une lettre d'une extrême gentillesse, accompagnée de sa dernière parution, Le Nom du Roi d'Asiné chez Virgile.

Il faut relire les traductions de Bonnefoy, non seulement de Shakespeare, mais aussi de Yeats. C'est sublime.

mercredi 13 juillet 2016

1er juin des écritures théâtrales jeunesse

Depuis 2015, à l'initiative de l'association Scènes d'Enfance et d'Ailleurs, le 1er juin de chaque année est un temps fort pour faire la part belle aux textes de théâtre destinés plus spécifiquement à la jeunesse.

En 2016, les acteurs, compagnies de théâtre, libraires, bibliothèques... qui organisaient quelque chose - ce fut le cas par exemple à Liragif autour de la sortie de Tête de Linotte à l'Ecole des Loisirs - étaient invités à introduire ce moment par le texte suivant, écrit à quatre mains (ou plutôt huit !) avec mes camarades auteurs de théâtre (entre autres) pour l'enfance et la jeunesse Dominique Paquet, Catherine Verlaguet et Luc Tartar :

Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous écrivons.
Vous lisez.
Nous sommes faits pour nous entendre.
Vous avez beaucoup à dire, nous aussi.
Partout en France, dans les théâtres, les bibliothèques, à l’école, chez le voisin, les grands, les petits, à la ville comme à la campagne, au bord de la mer, à nous tous la parole !

Toi qui habites ici, toi qui habites ailleurs,
Toi qui écris parfois, dans un cahier, sur des petits bouts de papier,
Toi qui dessines tes pensées,
Toi qui préfères jouer à la console ou courir dans les bois plutôt que lire des livres,
Toi de passage,
Toi l’oiseau migrateur,
Toi qui nourris les mésanges bleues,
Toi qui ne veux ni frère, ni sœur,
Toi qui parles cinq langues et demie,
Toi qui  chuchotes à l’oreille des chevaux en Mongolie,
Toi qui t’ennuies à longueur de journée,
Toi qui crois qu’on peut mieux comprendre la vie en allant au théâtre,
Toi qui sais que le chemin que tu prendras sera plus grand que celui qu’on te propose,
Toi le gourmand des mots, qui peux plonger dans un livre comme on plonge dans la mer,
Toi qui te piques les doigts à pêcher les oursins à Collioure,
Toi qui décroches la lune,
Toi qui scrutes le ciel pour apercevoir, une nuit, la neuvième planète du système solaire,
Toi qui sauves les grenouilles sur la D987, entre Craponne-sur-Arzon et Usson-en-Forez,
Toi qui shootes dans les pigeons du square de la mairie,
Toi qui rates toutes tes potions magiques,
Toi qui braves les frontières,
Toi qui sais compter jusqu’à 17 sans les doigts,
Toi qui te fais voler ton argent de poche par ton presque-frère,
Toi qui rêves de marcher sur Mars,
Toi qui as déjà un amoureux, une amoureuse,
Toi qui hésites entre « il » et « elle »,
Toi qui veux devenir footballeur, le plus grand, le meilleur,
Toi qui tapes le ballon, le carton, l’incruste, l’affiche,
Toi qui veux te transformer en patate de canapé,
Toi le casse-cou, l’explorateur,
Toi qui décides que la vie, c’est fait pour faire la fête,
Toi qui es venu avec ton jumeau imaginaire,
Toi qui ne sais pas si tu préfères les rêves ou les cauchemars,
Toi qui viens de perdre une dent et qui attends le passage de la petite souris,
Toi qui as peur des piqûres mais seras chirurgienne quand tu seras grande,
Toi qui te goinfres de bonbons bleus pour avoir une langue de schtroumpf,
Toi qui fais des fautes d’orthographe, qui salis tes cahiers, qui tippexes des eastpack,
Toi le petit Poucet,
Toi la Belle à tous les bois dormant,
Toi qui te dis l’enfant du vent, des animaux ou du soleil,
Toi qui collectionnes les secrets comme on collectionne les papillons,
Toi que ton meilleur ami a trahi avant-hier,
Toi qui tires la langue dès qu’on te prend en photo,
Toi qui ne tiens pas en place, toi le premier de la classe,
Toi qui cours, nages, peins, chantes, construis, rêves, siffles, ulules, rugis, soupires, exprimes, doutes, t’émerveilles, t’ensauvages à tout-va,
Cette journée est la tienne. Nous déclarons ouvert le deuxième « premier juin » des écritures théâtrales jeunesse !!!

Laurent Contamin, Dominique Paquet, Luc Tartar, Catherine Verlaguet

lundi 13 juin 2016

Fin de saison et mi-parcours

C'est la fin de la saison 2015/16 pour En pure Perte, mon monologue nomade, qui trace son chemin de crête entre littérature, théâtre et philosophie.

Une deuxième saison qui m'a permis, sur une quinzaine de dates, de toucher des spectateurs parisiens, lyonnais, essonniens, belges, isariens, axonais, alsaciens... dans des appartements, un centre de formation, une abbaye, des librairies, une salle de conférences, des bibliothèques, un ancien hôpital, un musée, des maisons...

Cité Universitaire Internationale, Paris, 7 juin 2016
Un souvenir parmi d'autres, à la maison Heinrich Heine de la Cité Universitaire de Paris où, à l'issue du spectacle, le ciel hésitait entre Sturm und Drang et le peintre Poussin... trait d'union pictural entre l'Allemagne et la France, contrepoint visuel de la rencontre, littéraire et théâtrale celle-ci, que souhaite opérer En pure Perte, depuis sa création en 2014.

Le spectacle continuera à se jouer jusqu'au 11 novembre 2018 : encore deux saisons, donc. Nous sommes à mi-parcours des années de commémoration de la Grande Guerre. Cent ans après cet affrontement sanguinaire sans précédent, je continue à confronter pacifiquement, dans un geste artistique, les cultures française et allemande, et à promener mon monologue partout où on m'accueille : "Il nous faut, dans la nuit, lancer des passerelles" (Antoine de Saint-Exupéry).

Des rendez-vous sont déjà pris à Saint-Germain en Laye et Saint-Just en Chaussée à la rentrée. N'hésitez pas à mon contacter si vous êtes intéressé(e)s pour accueillir En pure Perte.
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En pure Perte

mercredi 25 mai 2016

2 rencontres début juin

Le 1er juin à 18h, je présenterai Tête de Linotte à la librairie Liragif, square de la mairie, à Gif sur Yvette (91) à l'occasion du 1er juin des écritures théâtrales jeunesse. Le 3 juin de 16h à 18h à Senlis (60), présentation et lecture de différents extraits de pièces (toutes les infos dans le visuel ci-dessous), rencontre avec Séverine Lafforgue et la compagnie A vous de jouer qui monte Parade nuptiale.

vendredi 29 avril 2016

Un verger en Alsace

Très belle création, par Thomas Ress et la Compagnie des Rives de l'Ill, de la pièce Un Verger pour Mémoire, qu'il m'avait commandée il y a bientôt un an.

Distribution parfaite (Catherine Aulard, Virginia Danh, Nolwenn Peterschmitt, Virginia Danh), espace scénique au service du la fable qui se construit peu à peu, sculpté par les lumières de Sébastien Meyer et la création vidéo de Vladimir Lutz : des lettres animées, des croisées de fenêtres et un corps en mouvement font le lien entre passé et avenir dans le présent du théâtre, entre les branches et les racines de l'arbre familial...

En parallèle de cette création, des actions artistiques riches et sensibles ont été proposées par l'Espace 110, Centre culturel d'Illzach, comme en témoigne entre autres l'article de presse ci-dessous.

Le texte de la pièce quant à lui est publié aux éditions Lansman.


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mercredi 30 mars 2016

Juby's back !

Anne-Sophie Tschiegg
Après mûre réflexion, c'est décidé, c'est officiel : je vais reprendre Juby à partir de 2017 ! Pas dans l'espace scénique ni dans les conditions de lumière et de son avec lesquels il fut monté en 2000 au Théâtre Jeune Public de Strasbourg, mais en version "de chambre", cette fois - c'est-à-dire jouable, comme c'est le cas actuellement pour En pure Perte dont il a vocation à prendre le relais, en MJC, en bibliothèque, en librairie, en appartement...

Quinze ans après la dernière date de tournée (au Maroc - Marrakech et Casablanca), je me re-penche sur le texte. La mémoire n'a pas complètement oublié, semblerait-il. L'impression de retrouver une vieille connaissance. Le texte a quelques facilités pour rentrer... Les images de la mise en scène d'origine reviennent, des sensations, des associations d'idées ressurgissent... Il y aura quelques réajustements, quelques nouveautés aussi, dans cette re-création. Rendez-vous l'hiver prochain ! Si vous souhaitez déjà réserver une date, n'hésitez pas à me contacter.

En pure Perte pour sa part continue sa route jusqu'au 11 novembre 2018, date irrévocable de dernière.
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mercredi 9 mars 2016

Hommage

Raymond Roumégous est parti le 8 mars. J'avais eu le bonheur de le côtoyer au TJP Strasbourg, d'abord dans des lectures sur les sentiers du théâtre en Outre-Forêt (cantons de Seltz et Soultz) où nous racontions des histoires de Jack London dans une petite cabane que le Théâtre Jeune Public de Strasbourg déplaçait de bibliothèque en foyer rural... Martin Eden, Construire un Feu, l'Appel de la Forêt... Raymond et moi on voyageait dans la baie d'Hudson entre lagopèdes et orignaux...

Et puis plus tard on a partagé une autre cabane, une petite maison de bois qui descendait des cintres du théâtre, une chambre à air, dans le texte que j'avais écrit avec Grégoire Callies et que celui-ci avait mis en scène, il y jouait Léo : "Est-ce qu'une petite maison avec plein d'ouvertures, qui tournerait pour toujours prendre le vent et le soleil - quatre murs, un toit, une porte et une fenêtre grande comme l'horizon - une maison que tu pourrais agrandir comme tu veux - une maison que tu pourrais plier petit pour la mettre dans ta poche le jour où tu voudras partir... Est-ce que ça te conviendrait ?". (Chambre à Air, mise en scène Grégoire Callies). Il y jouait le rôle du père de mon personnage. On partageait bien le plateau, on s'y sentait bien, dans notre chambre à air ouverte à tous les vents, notre petit théâtre dans le théâtre où se transmettaient tant de choses...

Et d'abord sa joie, son bonheur, et le vent de son rire, de sa fantaisie, de sa légèreté, de cette capacité à ne pas se prendre au sérieux, qui était communicative.

Plus tard, il avait le projet de mettre en scène Qui a peur de Virginia Woolf ? et m'avait proposé le rôle de Nick, encore une histoire de maison, de huis clos ce coup-ci - finalement, le projet n'avait pas vu le jour, de mon côté j'ai quitté l'Alsace, on n'avait pas complètement perdu contact, on se disait qu'on se reverrait, "à l'occasion" comme on dit, à Paris ou Strasbourg... et puis voilà, on n'a plus fait "pièce commune"... Regrets. Adieu Raymond ! Salut l'artiste !


mardi 1 mars 2016

Séances de rattrapage

- La Nuit de San Lorenzo des frères Taviani
- Les Combattants de Thomas Cailley
- Le Dernier Roi d'Ecosse de Kevin Mc Donald
- Gare du Nord de Claire Simon
- Généalogies d'un Crime de Raul Ruiz
- Tous les Autres s'appellent Ali de Rainer-Werner Fassbinder
- La Femme de l'Aviateur d'Eric Rohmer
- Et toi, t'es sur qui ? de Lola Doillon
- Le Refuge de François Ozon
- Mon Trésor de Keren Yedaya
- Le Cheval venu de la Mer de Mike Newell
- Le Chignon d'Olga de Jérôme Bonnell
- Deux Jours à New York de Julie Delpy
- Le Garçon dans l'Arbre d'Arne Sucksdorff
- Etreintes brisées de Pedro Almodovar
- Juillet et La Route de Darezhan Omirbaiev
- Sils Maria d'Olivier Assayas
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vendredi 5 février 2016

Retour en images sur la résidence au LSCE








Merci aux chercheurs, ingénieurs de recherche, postdoctorants, et à toutes les personnes du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement qui se sont investi(e)s durant ma résidence en marge de la COP21... Et maintenant, à mon stylo et à mon cahier, et rendez-vous au printemps !
Photos : (c) Nada Caud