vendredi 29 avril 2016

Un verger en Alsace

Très belle création, par Thomas Ress et la Compagnie des Rives de l'Ill, de la pièce Un Verger pour Mémoire, qu'il m'avait commandée il y a bientôt un an.

Distribution parfaite (Catherine Aulard, Virginia Danh, Nolwenn Peterschmitt, Virginia Danh), espace scénique au service du la fable qui se construit peu à peu, sculpté par les lumières de Sébastien Meyer et la création vidéo de Vladimir Lutz : des lettres animées, des croisées de fenêtres et un corps en mouvement font le lien entre passé et avenir dans le présent du théâtre, entre les branches et les racines de l'arbre familial...

En parallèle de cette création, des actions artistiques riches et sensibles ont été proposées par l'Espace 110, Centre culturel d'Illzach, comme en témoigne entre autres l'article de presse ci-dessous.

Le texte de la pièce quant à lui est publié aux éditions Lansman.


> article précédent
> article suivant

mercredi 30 mars 2016

Juby's back !

Anne-Sophie Tschiegg
Après mûre réflexion, c'est décidé, c'est officiel : je vais reprendre Juby à partir de 2017 ! Pas dans l'espace scénique ni dans les conditions de lumière et de son avec lesquels il fut monté en 2000 au Théâtre Jeune Public de Strasbourg, mais en version "de chambre", cette fois - c'est-à-dire jouable, comme c'est le cas actuellement pour En pure Perte dont il a vocation à prendre le relais, en MJC, en bibliothèque, en librairie, en appartement...

Quinze ans après la dernière date de tournée (au Maroc - Marrakech et Casablanca), je me re-penche sur le texte. La mémoire n'a pas complètement oublié, semblerait-il. L'impression de retrouver une vieille connaissance. Le texte a quelques facilités pour rentrer... Les images de la mise en scène d'origine reviennent, des sensations, des associations d'idées ressurgissent... Il y aura quelques réajustements, quelques nouveautés aussi, dans cette re-création. Rendez-vous l'hiver prochain ! Si vous souhaitez déjà réserver une date, n'hésitez pas à me contacter.

En pure Perte pour sa part continue sa route jusqu'au 11 novembre 2018, date irrévocable de dernière.
> sur Juby
> sur En pure Perte
> article précédent
> article suivant

mercredi 9 mars 2016

Hommage

Raymond Roumégous est parti le 8 mars. J'avais eu le bonheur de le côtoyer au TJP Strasbourg, d'abord dans des lectures sur les sentiers du théâtre en Outre-Forêt (cantons de Seltz et Soultz) où nous racontions des histoires de Jack London dans une petite cabane que le Théâtre Jeune Public de Strasbourg déplaçait de bibliothèque en foyer rural... Martin Eden, Construire un Feu, l'Appel de la Forêt... Raymond et moi on voyageait dans la baie d'Hudson entre lagopèdes et orignaux...

Et puis plus tard on a partagé une autre cabane, une petite maison de bois qui descendait des cintres du théâtre, une chambre à air, dans le texte que j'avais écrit avec Grégoire Callies et que celui-ci avait mis en scène, il y jouait Léo : "Est-ce qu'une petite maison avec plein d'ouvertures, qui tournerait pour toujours prendre le vent et le soleil - quatre murs, un toit, une porte et une fenêtre grande comme l'horizon - une maison que tu pourrais agrandir comme tu veux - une maison que tu pourrais plier petit pour la mettre dans ta poche le jour où tu voudras partir... Est-ce que ça te conviendrait ?". (Chambre à Air, mise en scène Grégoire Callies). Il y jouait le rôle du père de mon personnage. On partageait bien le plateau, on s'y sentait bien, dans notre chambre à air ouverte à tous les vents, notre petit théâtre dans le théâtre où se transmettaient tant de choses...

Et d'abord sa joie, son bonheur, et le vent de son rire, de sa fantaisie, de sa légèreté, de cette capacité à ne pas se prendre au sérieux, qui était communicative.

Plus tard, il avait le projet de mettre en scène Qui a peur de Virginia Woolf ? et m'avait proposé le rôle de Nick, encore une histoire de maison, de huis clos ce coup-ci - finalement, le projet n'avait pas vu le jour, de mon côté j'ai quitté l'Alsace, on n'avait pas complètement perdu contact, on se disait qu'on se reverrait, "à l'occasion" comme on dit, à Paris ou Strasbourg... et puis voilà, on n'a plus fait "pièce commune"... Regrets. Adieu Raymond ! Salut l'artiste !


mardi 1 mars 2016

Séances de rattrapage

- La Nuit de San Lorenzo des frères Taviani
- Les Combattants de Thomas Cailley
- Le Dernier Roi d'Ecosse de Kevin Mc Donald
- Gare du Nord de Claire Simon
- Généalogies d'un Crime de Raul Ruiz
- Tous les Autres s'appellent Ali de Rainer-Werner Fassbinder
- La Femme de l'Aviateur d'Eric Rohmer
- Et toi, t'es sur qui ? de Lola Doillon
- Le Refuge de François Ozon
- Mon Trésor de Keren Yedaya
- Le Cheval venu de la Mer de Mike Newell
- Le Chignon d'Olga de Jérôme Bonnell
- Deux Jours à New York de Julie Delpy
- Le Garçon dans l'Arbre d'Arne Sucksdorff
- Etreintes brisées de Pedro Almodovar
- Juillet et La Route de Darezhan Omirbaiev
- Sils Maria d'Olivier Assayas
> article précédent
> article suivant

vendredi 5 février 2016

Retour en images sur la résidence au LSCE








Merci aux chercheurs, ingénieurs de recherche, postdoctorants, et à toutes les personnes du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement qui se sont investi(e)s durant ma résidence en marge de la COP21... Et maintenant, à mon stylo et à mon cahier, et rendez-vous au printemps !
Photos : (c) Nada Caud

mardi 26 janvier 2016

La petite Marchande d'Histoires vraies

J'ai le plaisir de vous annoncer la publication de La petite Marchande d'Histoires vraies, une pièce de théâtre à partir de 3 personnages, écrite par le biais d'une commande de la compagnie L'Echappée, qui fait se rencontrer deux univers à première vue aux antipodes l'un de l'autre : celui des contes d'Andersen (et notamment La petite Fille aux Allumettes) et celui d'un camp de réfugiés en Irak, à notre époque. En savoir plus sur la pièce > ici

Le livre est paru aux éditions Christophe Chomant, au prix de 14 euros.


On peut se le procurer en librairie, on peut également le recevoir directement dans sa boîte aux lettres, en envoyant un chèque de 16,80 euros (14 euros + frais de port) à la compagnie L'Echappée, 7 rue Antoine Écuyer 02100 Saint-Quentin, ou encore en le commandant directement chez l'éditeur > commander

Quant au spectacle, les premières représentations en 2016 ont lieu en Picardie, à savoir du 22 au 26 février à Saint-Quentin (02), les 2 et 3 mars à Montataire (60), du 23 au 25 mars à Chateau-Thierry (02), du 20 au 22 avril à Laon (02), les 25 et 26 avril à Villers-Bocage (02), les 28 et 29 avril à Corbie (80). Une reprise est d'ores et déjà prévue à l'automne 2016.
> article précédent
> article suivant

jeudi 21 janvier 2016

Une journée à Laon

Une journée à Laon, dans l'Aisne, qui m'accueille cette saison pour un programme de création et d'action artistique, en tant qu'auteur associé.

Première journée de ce parcours, donc, le 20 janvier : en matinée, atelier d'écriture slam avec les CM1 de l'école Lafontaine, premier d'une série d'ateliers dans le cadre d'un CLEA formalisé entre la Compagnie L'Echappée et la Maison des Arts et Loisirs de Laon.

L'après-midi, répétitions de La petite Marchande d'Histoires vraies à la MAL, réalisation du décor vidéo du spectacle (le spectacle s'y jouera les 20-21 avril, après sa création en février à Saint-Quentin).

Et le soir, En pure Perte dans la belle chapelle de l'abbatiale de l'ancien hôpital, aujourd'hui bibliothèque Suzanne Martinet. Merci à la Compagnie L'Echappée et au service culturel de la ville de Laon pour l'accueil chaleureux et efficace.
> article précédent
> article suivant

mardi 15 décembre 2015

"En pure Perte", la bande-annonce



Un grand merci à Stéphane Colin et toute l'équipe de réalisation de ce "teaser" de En pure Perte, théâtre à jouer partout (appartement, librairie, théâtre, bibliothèque, musée...). Me contacter si intéressé.
> article précédent
> article suivant

vendredi 27 novembre 2015

Climat / Environnement

Je passe quelques journées, entre novembre 2015 et janvier 2016, au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement pour rencontrer des chercheurs qui travaillent sur la question du changement climatique, en marge de la COP21.

A l'arrivée, un recueil poétique pour dire, avec d'autres mots que ceux des experts, les enjeux actuels qui traversent le climat et l'environnement...

Parallèlement, des ateliers d'écriture dans les écoles de la communauté d'agglomération du Plateau de Saclay, en tandem avec une climatologue.

Une résidence soutenue par la Diagonale Paris-Saclay et Labex L-IPSL.
Et toujours en marge de la COP21, un texte écrit sous l'injonction de la Maison des Ecrivains et de la Littérature : Lieux dits
> photos de la résidence
> video
> article précédent
> article suivant

lundi 16 novembre 2015

Bouleversements

Dernière minute : suite aux événements du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis :

- Josette Forever ! annulé les 14 et 15 novembre au Grand T de Nantes
- Tête de Linotte initialement prévu les 19 et 20 novembre à l'Espace culturel Boris Vian : reporté en mars (voir dates exactes sur mon site d'ici quelques jours)
- Je maintiens les représentations en appartement de En pure Perte, les 21 et 22 novembre dans la région lyonnaise.
- le workshop cherbourgeois a tenu bon, du 13 au 15.

Vive la culture, vive l'instruction, vive la création, vive l'intelligence, vive la vie ! No pasaran !

> article précédent
> article suivant

mercredi 4 novembre 2015

Carnets d'écriture

Des publications de très grande qualité, pour celles et ceux qui aiment écrire et/ou faire écrire : proposées à quatre mains par Sonia Goldie et Isabelle Vermeir, aux éditions 3 points à la ligne, elles sont magnifiquement illustrées et justement sous-titrées "les carnets qui donnent irrésistiblement envie d'écrire"...
- Carnet d'écriture Côté ville / Côté campagne propose une approche originale de l'écriture, par le paysage - rural ou urbain ; pour adultes et grands ados.
- L'Atelier des Mots quant à lui accompagne chaque proposition d'écriture d'extraits de textes d'auteurs qui sont autant de "tuteurs" aux jeunes pousses de l'écriture ; pour enfants à partir de 8 ans.

Un petit dernier vient de sortir, L'atelier d'écritérature (sic !) que je n'ai pas eu encore le plaisir de découvrir. Il est davantage destiné aux ados (collège et lycée). Pour tout savoir sur cette attachante maison d'édition, la faire connaître autour de vous (notamment au sein des rectorats) et commander des livres (c'est bientôt Noël...) : http://www.carnetsdecriture.com
> article précédent
> article suivant

dimanche 18 octobre 2015

Souvenirs du Bacaretto

C'était en mars dernier à Honfleur (Calvados), lors de l'excellent festival Paroles Paroles... En pure Perte se jouait dans un bar à vins chaleureux et inspirant, le Bacaretto. Souvenirs souvenirs... et galerie de photos prises par François Louchet. Merci à lui !
En pure Perte, (c) François Louchet

En pure Perte, (c) François Louchet


En pure Perte, (c) François Louchet

En pure Perte, (c) François Louchet

> voir la bande-annonce
> article précédent
> article suivant

mardi 13 octobre 2015

La première image

(c) Amin Toulors
C'est toujours troublant, quand on a écrit un texte, de découvrir en répétition les images qu'il génère. La compagnie L'Echappée, qui m'a commandé La petite Marchande d'Histoires vraies, est entrée en travail. J'ai reçu cette photo des premiers jours de répétition, prise par Amin Toulors, et cette photo m'a profondément ému car j'ai tout de suite su que ma pièce avait été comprise : tout ce qui a présidé à l'écriture de ma pièce, des mois durant, y est contenu. Elle se dévoile à moi à la manière d'une échographie. Je sais, presque à la seconde près, de quel moment de mon texte il s'agit. Une certitude que le spectacle est totalement compris, reçu - et donc sur de bons rails, dans la justesse.

Création dans une mise en scène de Didier Perrier en février 2016 à Saint-Quentin (02), tournée à Montataire (60), Laon (02), Château-Thierry (02), Villers-Bocage (02), Corbie (80)...

Le texte de la pièce sera publié dès novembre 2015.
> en savoir plus
> article suivant
> article précédent

vendredi 28 août 2015

Trois tableaux d'une exposition

Il y a 200 ans tout juste naissait le peintre Ernest Meissonier.

La ville de Poissy, dans les Yvelines, où il vécut la majeure partie de sa vie (il en fut même le maire) et où repose sa dépouille, a décidé de fêter l'événement comme il se doit.

C'est ainsi que les Journées du Patrimoine, les 19 et 20 septembre, seront l'occasion de découvrir in situ trois tableaux théâtraux directement calqués sur des tableaux du peintre.

C'est le metteur en scène Daniel Raguin, de la compagnie Les Jeux Dits de la Bruyère qui a eu cette audacieuse et originale idée. Il m'a commandé, avec le soutien de la ville de Poissy, 3 textes théâtraux d'une dizaine de minutes chacun, inspirés par ces tableaux...

Le public sera amené à déambuler entre les trois lieux de Poissy où ont été peints les tableaux, et au cours de la déambulation, Ernest Meissonier himself leur dira quelques mots...

RV les samedi 19 et dimanche 20 septembre. Toutes les infos, résas... > cliquer ici

> article précédent
> article suivant

dimanche 12 juillet 2015

Ephéméride saisonnier

Retour sur quelques événements qui ont émaillé la saison 2014/15...
Rencontre avec des lycéens d'Oyonnax autour de "Lisolo"

"Fasse le ciel que nous devenions des Enfants",
lecture à l'auditorium Saint-Germain à Paris en janvier

Stage "écrire pour la marionnette" à l'IIM
de Charleville pour Garin-Trousseboeuf

Théâtre de l'Aquarium à Paris,
"Lisolo" finaliste de l'InédiThéâtre

Sciences en Toutes Lettres, restitution à la bibliothèque
Marguerite Audoux, Paris 3ème

Atelier d'écriture adultes à la bibliothèque
de Senlis

Lecture publique de "La petite Marchande
d'Histoires vraies"
à Valréas avec Didier Perrier et Aude Sabin

Rencontre avec les compagnies de théâtre
amateur de la Manche,
Festival Les Téméraires, mai, Cherbourg

Ateliers à la Fondation Royaumont
et un collège de Beauvais

"En pure Perte" au musée de
la Vénerie à Senlis

"Devenir le ciel" choisi par le comité de lecture du Lucernaire















> article précédent
> article suivant

samedi 4 juillet 2015

Clôture de résidence

La résidence d'écriture à Valréas se termine par 3 journées de restitution, auxquelles vous êtes cordialement convié(e)s :

- jeudi 9 juillet à 18h : "lieux dits", restitution de quelques ateliers d'écriture, en particulier avec les adultes de la Maison des Associations (qui feront les lecteurs pour ce moment) et de l'association Coup de Pouce, et les enfants de l'école Marcel Pagnol. Au programme, un petit aperçu de quelques-uns des textes écrits cette année (> un aperçu) ;

- vendredi 10 juillet à 17h : lecture publique, avec Aude Sabin et Didier Perrier, du texte écrit en résidence durant l'année à Valréas : La petite Marchande d'Histoires vraies, une commande de la Compagnie L'Echappée qui sera créée en Picardie en février 2016 (> en savoir plus) ;

- samedi 11 juillet à 18h : parcours-découverte, restitution de l'atelier théâtre adultes, autour d'extraits de quelques-unes de mes pièces : Veillée d'Armes, Une petite Orestie, Noces de Papier...

Lieu : espace René Jauneau (derrière le château de Simiane), à Valréas, Enclave des Papes. Durée : 1 heure. Entrée : libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

> + d'infos sur le festival des Nuits de l'Enclave
> + d'infos sur ma résidence à Valréas
> article précédent
> article suivant

mardi 19 mai 2015

Séminaire artistique en Belgique

J'ai le plaisir de vous annoncer la tenue d'un séminaire artistique sur lequel j'accompagnerai les participants (entre 6 et 10 : attention, places limitées !) dans une découverte ou un approfondissement de l'art dramatique, du 10 au 16 août 2015 dans la province wallone du Luxembourg (sud-est de la Belgique), à Farnières.

Nous traverserons les fondamentaux du théâtre (corps, voix, présence, texte, relation, interprétation...), en partant, comme matériau, de l'une de mes pièces (Hérodiade). Les questions relatives à la dramaturgie pourront, de ce fait, également être abordées. 

Cette session a pour particularité de prendre place dans un ensemble plus général de propositions artistiques : musique, danse-yoga, dessin... dans un cadre de nature préservé et apaisant. Chaque soir, un concert est proposé aux participants.

Un tarif préfèrentiel est proposé pour les jeunes. C'est une semaine qui se propose d'être à la fois conviviale, artistique et déconnectante, dans de bonnes conditions de confort.
Le lieu, les tarifs, les conditions d'inscription etc, tout est expliqué sur le site http://www.viamusica.net

Le stage est ouvert à tout le monde, il s'adresse à toute personne ayant déjà une petite pratique, même débutante du théâtre. Merci de me prévenir par mail quand vous vous inscrivez auprès de Viamusica, pour que je puisse correspondre avec vous en amont de la session.

N'hésitez pas à me contacter (onglet "contact" en haut à droite sur mon site) pour tout renseignement, et à transférer ces informations aux personnes de votre entourage qui pourraient être intéressées. Merci !


mardi 12 mai 2015

Le point de non-retour

Une place. C'est la fin de la nuit et peu à peu le film accompagnera, dans cette traversée de la ville, le passage de la nuit vers le jour, comme le font, peut-être, ces mains dites "négatives" qui annoncent la naissance de l'art et de l'humanité.

Une Austin Mini - on tourne autour d'une place, Péreire ou Daumesnil. Des pharmacies de garde, les premiers magasins allumés, une Coccinelle, le film a été tourné en 1979, c'est un petit matin d'été, cinq heures du matin, Paris s'éveille - comme dans la chanson, on va suivre dans un grand travelling avant cette traversée de Paris.

Une Renault 12, une fourgonnette, une 504. Un fourgon. Les premiers bus commencent leur service, ils sont sur les Grands Boulevards maintenant, il me semble que je reconnais la rue René Boulanger, son petit square, les arbres, la frondaison des arbres - frondaison si sombre devant la lumière naissante du jour, en contre-jour, en négatif. Les grands boulevards sont déserts, on est en été, Paris est vide, une Renault 20, un taxi CX. Au loin une grue, c'est la porte Saint-Martin, noire de pollution, et puis la porte Saint-Denis. Un camion d'éboueurs, un feu clignotant, ces immeubles en angle du 2ème arrondissement, tu les vois qui partent à babord vers le Sentier, Aboukir et Montorgueuil.

Un pigeon passe comme une mouette. Le métro Bonne Nouvelle. Le Rex - on devine les affiches : un film intitulé "Le Point de Non-Retour". Des panneaux de circulation : Saint-Eustache Les Halles Opéra Concorde. Banco Central - une banque qui ne doit plus exister aujourd'hui, l'espérance de vie des banques étant inférieure à celle des humains.

Des papiers. Des papiers jonchent le sol, des poubelles aussi, peut-être sommes-nous au lendemain du 14 juillet, ou d'une grève - des cabines téléphoniques, une bouche de métro, le café de France, des self des cafétérias, un chausseur, des balayeurs, des kiosques, le Paramount Opéra, le Grand Café, des Renault 5, des colonnes Morris, une boutique Lancel et l'Opéra Garnier.

Deux hommes qui marchent, petits, trapus, ils marchent vite. L'Opéra lui aussi est gris. La caméra tourne sur la place de l'Opéra, peut-être pour prendre la rue de la Paix ? On aperçoit la colonne Vendôme. Avec la silhouette de Napoléon tout en haut. Non, c'est l'avenue de l'Opéra que nous prenons. Les agences de voyage de l'Avenue de l'Opéra. Au loin, la place Colette, la Comédie Française. Le jour se lève. Les voitures commencent à éteindre leurs phares.

La place Colette, une sorte d'abri sont je je ne sais pas si c'est un abri bus ou une vespasienne et puis la rue de Rivoli, les arcades, noires comme une forêt obscure, le sol brillant, le Louvre, et au loin, la découverte du ciel au dessus des Tuileries, un car de tourisme qui passe, une DS, l'hôtel Intercontinental, la colonne Vendôme vue cette fois du côté sud.

Des pavés entassés, sans doute sont ils en train de macadamiser la rue, à nouveau les Tuileries avec les statues de Maillol. Un magasin de tabacs (avec un "s"), le Royal Opéra, une affiche publicitaire, le temps d'une injonction : "Nagez" - nous voilà je crois sur les Champs Elysées, les arcades du Lido, Marlène, Walt Disney, Mac Donald's (déjà ?), un film intitulé "Capricorne One", à l'affiche au Gaumont Ambassade, Locatel (loueur de télévisions), et puis le Prisunic au coin de la rue de la Boëtie (qui est devenu depuis un Monoprix), un abribus, des statues, il me semble qu'on est Porte Maillot maintenant ou Porte Dauphine, c'est l'avenue Foch, on est à l'autre bout de l'avenue Foch et on va la remonter jusqu'à l'arc de Triomphe.

Une Renault 6 passe, suivie d'une Renault 5. L'avenue Foch est presque entièrement vide, les contre-allées aussi, le ciel est blanc gris, il n'y a que le feuillage des arbres qui apporte un peu de couleur. Contre jour. Négatif.

Noir.

Description du film Les Mains négatives, de Marguerite Duras.

> article précédent
> article suivant

mercredi 22 avril 2015

A la Sant Jordi, tout le monde lit !

La Sant Jordi est une fête catalane (Saint Georges en français), durant laquelle il est de tradition de s'offrir des roses. Depuis 1926, les libraires de Barcelone en font aussi une fête du livre : la coutume veut qu'on achète et qu'on s'offre des livres ce jour-là. C'est donc devenu une fête... du livre et de la rose.

Le jour choisi est le 23 avril, date anniversaire de l'inhumation de Miguel de Cervantès (en 1616). Enfin, en 1995, l'Unesco consacre le 23 avril "journée mondiale du livre".

C'est à cette occasion que la librairie L'Arbre à Lettres, 2 rue Edouard Quénu dans le 5ème arrondissement de Paris, m'invite à jouer ma performance contée En pure Perte. Entrée libre mais réservation conseillée : 01 43 31 74 08 ou mouffetard@arbrealettres.com

Venez dès 19h, cela vous donnera l'occasion d'acheter un ou plusieurs livres dans cette belle librairie. Et il y a un fleuriste pas loin si vous voulez acheter une rose ! En pure Perte se jouera de 19h30 à 20h30.
> En pure Perte
> article précédent
> article suivant

mardi 14 avril 2015

Ciel en devenir

Le "lucernaire", c'est l'instant, à la tombée de la nuit, tandis que le ciel devient sombre, où l'on allume les lampes. C'est aussi un centre culturel, à Paris, qui regroupe des salles de théâtre, de cinéma, des bars, une librairie... et un comité de lecture, accompagné par l'impeccable association Postures.

Composé d'une quinzaine de membres passionnés de théâtre, le comité du Lucernaire a eu, cette année, l'audacieuse et bonne (!) idée de choisir, parmi les pièces de théâtre contemporain qui leur avait été soumis à lecture critique et à discussion, Devenir le ciel comme texte lauréat.

Une rencontre a eu lieu in situ, le lundi 13 avril, pour échanger autour de cette pièce... au crépuscule, forcément !
> article précédent
> article suivant